Mistral Cooking

L'index des billets est arrivé !


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vendredi 8 juillet 2011

Carpaccio de tomates d'antan au Vieux Comté

Une dernière petite recette avant le silence radio qui résultera du début de mon trip « Uneasy rider » tout personnel : traverser la France dans sa diagonale la plus longue, en voiture, avec 2 gnomes, 2 quintaux de bagages et un coffre de toit Feu Vert.

Glamour non?
Je suis sûre que vous m'enviez.
Moi je salive déjà en tout cas : Henri Dès me lorgne de son petit air malicieux parce qu'il sait que la petite Charlotte et moi on va être très très potes dans les prochaines 48 heures.

L'art de la transition eût voulu que ce soit une recette de charlotte que je vous présente ici.

Ben non, raté.
Ce sera donc une recette de carpaccio.

Parce que c'est frais, et qu'il paraît que quelque part en France il fait très très chaud.
Parce que c'est facile, et que faire les bagages ET cuisiner un sabayon en cage de sucre filé en même temps, ben faut pas pousser Georges C. dans les orties surtout quand il est en short, histoire de ne pas abimer la marchandise.
Parce que ces superbes tomates comme on les faisait dans l' temps, elles m'ont bien tapé dans l'œil.

Et puis parce que c'est comme ça, ça s'appelle l'autocratie bloguesque, et c'est toujours un plaisir de l'exercer (et celui qui me dit non, je crois que c'est lui le plus grands des tyrans... celui qui s'ignore).



Allez je ne vous fais plus languir, une recette « Tu parles d'une recette » comme on les aime chez les Zazous.
Et que ça saute.

Ingrédients (pour 5 personnes)

  • 4 à 5 tomates à l'ancienne, de variétés et de taille diverses (Cornue des Andes, Tomate Ananas, Zan Marzano, Green Zebra, Noire de Crimée, etc...)
  • 1 citron jaune et demi
  • 2 CS d'huile d'olive
  • 60 g de vieux comté
  • 1 trait de vinaigre balsamique blanc
  • Quelques feuilles de basilic ciselées
  • Sel, poivre

Alors attention place à la technique.

Coupez les tomates en tranches assez fines, et disposez les en alternant les couleurs et les diamètres sur un grand plat de service.
Salez et poivrez assez généreusement, il faut que ce soit bien relevé.
Émulsionnez comme un malade le jus du citron et de son demi, l'huile d'olive et le trait de vinaigre balsamique.

Munissez vous d'un économe et détaillez en copeaux le morceau de vieux comté que vous aviez déjà bien entamé en grignotant entre les repas, honte à vous.

Déposez artistiquement les lamelles de fromage un peu partout sur le plat, et versez la sauce à la petite cuillère jusqu'à ce que les tranches de tomate soient toutes correctement recouvertes.
Rajoutez le basilic ciselé.

Mettez au frais pendant 10 minutes.

Servez avec du bon pain frais, du camembert bien fait, et des anchois marinés tiens.




Voilà, fini.
Une vraie « tu parles d'une recette », hein.

Eh ben en plus je la fais participer au Défi Carpaccio, de Recettes de Cuisine.
Parce que comme pourrait le dire Georges (je suis sûre que ça lui est déjà arrivé) : quand y a de la gêne, y a pas de plaisir.

Allez, à la revoyure les gens.
Si je survis au supplice chinois n° 3957 : « espace clos roulant incluant 2 gniards en bas âge limités dans leurs mouvements sur fond de Chantal Goya pendant plus de 8 heures ».
Tu parles d'une idée.

Performance éphémère ou le fraisier qui n'avait pas voulu prendre son temps.

S'il ne devait y avoir que deux règles d'or à retenir en pâtisserie, ce serait probablement les suivantes :
  • prendre son temps pour toute chose
  • et respecter les proportions comme un livre saint.

S'il ne devait y avoir que deux grands principes à suivre dans la vie pour être heureux, ce pourrait être :
  • lâcher la bride à nos envies et à notre imaginaire
  • et toujours essayer d'exaucer les rêves et souhaits de ceux que l'on aime (et surtout des enfants)

Comme on peut s'y attendre, il peut arriver que ces règles d'or et d'airain se télescopent brutalement.

Et comme toujours en cas de choc, il y a des éclats.
Si on a de la chance, des éclats de rire et des éclats de joie.

Comme ceux produits par cette performance éphémère très arty, celle du fraisier qui n'avait pas voulu prendre son temps.


Bon quand on décide d'assumer son échec, on se doit de le boire jusqu'à la lie, donc j'ai décidé de vous mettre les proportions de la recette ratée.
Et les annotations en couleur sont ce qu'il aurait peut être fallu faire, pour moins le rater... Mais qui sait ?

Ingrédients (pour un très gros fraisier et plein de gourmands, disons 8)

Pour le biscuit :
c'est la recette du biscuit roulé d'enfance

Pour la garniture :
  • 1,5 kg de fraises
  • 1 litre de crème liquide entière très froide
  • 3 sachets de fixe chantilly (et non Jean Pierre il en aurait fallu 4, comme l'indiquait gracieusement les instructions sur le paquet, soit 1 sachet pour 250 ml de crème...)
  • 150 g de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • à préparer 1h45 avant (Caramba, encore raté, t'aurais du essayer la nuit entière, ça aurait mieux marché...)

Matériel indispensable :
  • un cercle, rectangle, carré à mousse et entremets (le mien est un rectangle de 28x20 cm)


Faites le biscuit une petite heure avant d'entamer le montage du gâteau, puis une fois cuit, laissez le refroidir une bonne trentaine de minutes, pour que vous puissiez le couper dans la largeur en deux disques, rectangles, carrés égaux pour faire les étages du fraisier, selon le moule que vous aurez choisi.

Bon alors le biscuit, rien à redire si ce n'est que je n'avais pas ma super plaque à pâtisserie avec moi et donc il a fallu pas mal bricoler pour une fois cuit, le couper en 2 parts à peu près égales qui remplissent correctement mon nouveau super moule rectangulaire, ce qui a pour une petite part, contribué à la suite des évènements...

Préparez donc votre garniture.
Lavez le kilo et demi de fraises sous l'eau courante et équeutez les.
Coupez en 750g en petits dés.
Laissez les autres 750g entières et réservez.

Montez le litre de crème en chantilly très ferme (et pour ça il aurait fallu choisir judicieusement le contenant avant de commencer à mouliner, n'est ce pas...). Ajoutez y les sachets de fixe chantilly en les mélangeant au sucre et au sucre vanillé selon les instructions clairement indiquées par le fabricant qui donc à priori sait ce qu'il fait...
Mélangez la chantilly aux dés de fraise en soulevant gentiment à la maryse pour ne pas trop la faire retomber (hein Jean Pierre).

Disposez dans votre moule un fond de biscuit, et versez la moitié de la chantilly aux fraises.
Posez la deuxième couche de biscuit dessus en appuyant assez volontairement mais tout de même avec douceur (hein Jean Pierre) pour tasser l'ensemble.
Versez le reste de chantilly et aplanissez à la spatule.

Mettez au congélateur pour 30 minutes (dans la vie rêvée des beaux gâteaux qui tiennent je pense qu'il aurait fallu au moins 1h30).
Puis au frigo pour 01h00 (et là au bas mot je pense qu'il me manquait 05h00, voire une nuit ça ne lui aurait pas fait de mal).

Au bout du laps de temps convenu, sortez votre merveille du frigo et disposez les fraises entières sur le dessus, en rangs serrés.
Et entreprenez de démouler l'engeance en passant un couteau sur les bords et en soulevant délicatement le moule.

Admirez.

Immortalisez le comme le fraisier parfait qu'il aurait pu être.




Puis éclatez de rire en voyant que quelques fatidiques et courtes minutes plus tard, il était comme ça :



Bon c'était finalement très à l'image de la vie même. A un moment donné, tu pètes de jeunesse et t'es splendide, et 2 minutes après tu t'affaisses.
Mais qu'est ce que c'est bon...
Et pour citer quelqu'un qui m'est cher, comme le confit, c'était pas gras. 
Alors Joyeux anniversaire P.


mercredi 6 juillet 2011

Menu Breton, part Three : le bar en croûte de sel aux algues

Au départ, ce troisième menu bretonnant devait être dédié au tourteau, cet énorme crabe à la chair dense et délicieuse, et dont on peut se régaler pour l'équivalent en poissonnerie de 3 francs six sous, fait si rarissime aujourd'hui qu'il mérite d'être clamé haut et fort (en moyenne il peut démarrer vers les 6 ou 7 euros du kilo le bougre, un record!)

Mais vous connaissez les femmes, si on leur donne le choix entre une perle et un diamant, il y a fort à parier que c'est le caillou qui fera l'objet de leur convoitise...

Et donc ce qui devait arriver arriva : en chemin pour acheter un crabe maousse, je me suis retrouvée avec un superbe bar dans les bras... (ce qui vaut mieux pour ma vertu que dans de superbes bras sur un bar).

Ah le bar... Si je devais n'en choisir qu'un ce serait celui-là : une chair fine et serrée, délicate, racée, d'un blanc éclatant avec quelques marbrures gris perle pour rehausser le tout.
La Rolls des poissons. A mon sens.
Une Rolls encore plus rutilante quand je l'appelle « loup », son côté prédateur me fait fondre.

Mais comme avec tous les produits de luxe, une fois l'achat passé vient immédiatement le remords d'avoir succombé à la tentation de vivre au dessus de nos moyens.

Et avec ce remords, arrive le désir un peu vil certes mais tellement humain... celui de se venger, en lui faisant côtoyer la réalité, le quotidien, la vraie vie, quoi.
Un peu comme quand vous vous servez avec une pointe de satisfaction puérile de votre it-bag à 3000 $ comme cabas improvisé au Monop' (des couches, des tampons, de la super-glue, un pot de moutarde..).
Pour lui apprendre qu'il n'y a pas que luxe, calme et volupté dans la vie, dirons nous.

Là c'est pareil.
Ou quand l'Auteuil-Neuilly-Passy des poissons rencontre le sel de la terre (en l'occurrence de la mer).
Eh bien devinez quoi.
C'est là qu'il est le meilleur.



C'est comme votre sac, c'est fou ce qu'on peut y mettre dedans autre qu'un Smartphone et un gloss ET il a bien plus de gueule qu'un cabas « Les Mousquetaires, c'est vrai! ».

Ingrédients (pour 4 ou 5 gourmands)

La recette du bar et de la sauce sont extraites du très beau Larousse des Poissons, par le chef Jacques Le Divellec, que je salue bien bas pour nous avoir offert de si belles ripailles.

Pour le poisson :
  • Un beau bar de 800 g vidé et ébarbé mais non écaillé, et sauvage de préférence (quitte à se ruiner autant que ce soit pour le meilleur)
  • 2,5 kg de gros sel aux algues (je prends le mien sur le site Algoplus)
  • Un grand plat pour contenir le tout

Pour la sauce aux herbes :
  • Des herbes fines et fraiches à volonté (estragon, persil, aneth, basilic)
  • Le jus de 2 citrons jaunes
  • 4 CS d'huile d'olive
  • 1,5 CS de sel aux algues
  • Poivre du moulin

Pour l'accompagnement :
  • 4 petites courgettes jaunes
  • 3 courgettes vertes
  • 4 aubergines
  • 3 CS d'huile d'olive
  • 3 échalotes
  • 1 ou 2 gousses d'ail nouveau
  • 1 CS de beurre salé
  • Sel, poivre

Préparez la sauce aux herbes : mettez le sel et le poivre dans un bol, ajoutez le jus des citrons, les herbes fraiches finement ciselées (plus il y en a, meilleur c'est), et émulsionnez le tout avec l'huile d'olive. Réservez au frais pour au moins 2 heures.

Préchauffez votre four à 240°.

Rincez le bar à l'eau courante et essuyez le au papier absorbant. Glissez une rondelle ou 2 de citron dans le ventre.
Disposez une couche de gros sel dans le plat, couchez y le bar et recouvrez le entièrement du sel restant.
Enfournez pour 20 minutes de cuisson.
Puis laissez le reposer dans sa croûte de sel 10 minutes après la sortie du four.

Pendant la cuisson du bar, préparez vos petits légumes fondants.

Coupez les courgettes et les aubergines en en petits dés. Dans une poêle, faites revenir les échalotes dans un peu de beurre et d'huile d'olive mélangés, et dans une autre poêle les gousses d'ail en petits morceaux.

Dans la poêle aux échalotes, ajoutez les courgettes et faites cuire en remuant régulièrement et en couvrant à demi pendant une dizaine de minutes, elles doivent rester un peu croquantes.
Dans la poêle où crépite l'ail, faites suer les dés d'aubergine pendant le même laps de temps, en remuant également régulièrement, juste pour que les légumes soient bien enrobés de matière grasse et deviennent fondants.

Servez le poisson avec les légumes (NB : il est nécessaire d'y aller franco pour casser la croûte de sel, et oui, pour ceux qui s'étaient posé la question, ça en met partout).
Arrosez généreusement de la petite sauce aux herbes.
Et dégustez aussitôt.




Bon après je ne vous dis pas que je n'ai pas non plus mangé de tourteau.
Parce que quand on me donne le choix entre des perles et des diamants, j'ai tendance à dire, les diamants. D'abord.
Et les perles quand tu te seras un peu refait mon amour.
Merci, je savais que j'avais bien fait d'te marier.

mardi 5 juillet 2011

Menu Breton, part Two : les coques

Après avoir exploré la part d'ombre qui est en chacun de nous, je vous propose aujourd'hui de libérer l'aventurier qui est en vous...

Parce que le menu breton d'aujourd'hui va vous permettre de redécouvrir avec délectation une sensation aujourd'hui perdue par les citadins que nous sommes devenus et qui a pourtant du habiter les chasseurs de mammouth aussi bien que Pépé le dimanche à l'affût des perdrix :
la fierté incommensurable de pouvoir arracher sa pitance aux griffes de la Nature pour pouvoir faire subsister les siens.

Les coques Môsieur, voyez-vous ça se mérite, il faut aller les chercher de ses nues et blanches mains.
Et figurez vous qu'elles ne s'offrent pas comme ça au premier clampin venu, une sorte de darwinisme gastronomique destiné à écarter le touriste mal informé (non je n'ai pas dit le Parisien trop confiant).

Déjà il faut un préalable indispensable, mais qui en laissera plusieurs sur le carreau s'ils n'ont pas eu la chance d'être élevés près de l'océan où on voit parfois passer des phoques : piger un horaire et un coefficient de marée.

En gros pour pêcher des coques, il faut que le coefficient avoisine ou dépasse le tour de poitrine de la plupart des bombasses qui peuplent nos magazines people, et que la marée tombe à des heures ouvrables, soit celles qui sont l'exact opposé d'un after animé par David Guetta (on a les moyens mnémotechniques qu'on peut).

Ensuite il faut se munir de l'équipement ad hoc : à savoir des bottes en caoutchouc et un râteau à manche court.
Et la tenue que vous auriez au fameux after de David Guetta : soit du latex partout.
Ou un truc imperméable Quechua, ça marche aussi.

Et là, vous allez sur la grève, lorsque la mer est en train de remonter, juste au bord de l'eau et comme l'a dit très justement Clint, vous ferez partie de ceux qui creusent, qui creusent.
Mais cette fois ça vous rapportera enfin quelque chose.
Si les dieux sont avec vous.

Des petits coquillages comme ceux-ci en l'occurrence : 




Une fois que vous avez rempli vos deux seaux Hello Kitty (on a le matériel de pêche qu'on peut), rentrez vite boire un grog ou faire un scrabble en attendant de les cuisiner, comme ça.

Ingrédients (pour une tablée de 4 et deux demies portions)

  • les coques que vous avez pu trouver
  • une casserole
  • quelques poignées de spaghetti
  • quelques CS de crème légère liquide
  • quelques CS de parmesan

Munissez vous fièrement de votre butin chèrement acquis, et qui normalement a du rester sous de l'eau de mer dans vos seaux jusqu'à votre retour de la plage (les Bretons ont le sens de l'humour au vu du nombre de dos d'âne entre les habitations et la plage).

Versez les dans une grande bassine avec l'eau de mer, un complément d'eau douce et quelques poignées de gros sel et oubliez les là pendant 2 heures (pas au soleil, mais à priori le risque peut être minime...)

Une fois ce laps de temps écoulé, lavez les en les remuant dans l'évier, au moins dans 3 ou 4 bains.
Elles devraient à priori avoir rendu à César la majorité de leur sable suite à ce traitement.

Faites cuire vos spaghettis "al dente" et réservez les au chaud avec la crème.

Prenez une casserole à bords hauts, versez y les coques égouttées, et faites chauffer à feu moyen vif et à couvert jusqu'à ce que toutes les bestioles rendent l'âme et donc s'ouvrent.



Ecoquillez vos coques, servez à vos convives leur part de spaghettis et versez sur le dessus les quelques coquillages qui leur reviennent de droit, avec quelques cuillerées de jus de cuisson.

Versez le parmesan, et mangez chaud...




Alors bien sûr, ceux qui mangent des souvenirs en dégustant leurs coques vous raconteront que c'est bien meilleur juste à la « brûle doigts » comme ça, sans pâtes sans parmesan sans crème.
Juste le coquillage, le jus iodé à souhait et sa b*** et son couteau son cœur en bandoulière.

Mais bon, étant donné que :
  • mes réflexes de traqueur de mammouth ont été quelques peu émoussés par l'évolution.
  • mes années parisiennes ne sont finalement pas si loin
  • mes gnomes répondant comme leurs semblables à l'appel du large, mes capacités de grattage sont rapidement handicapées par l'impérieuse nécessité de s'interrompre régulièrement pour les sauver de la noyade ou de l'enlisement (la vase c'est kloug quand même)
ben y en avait pas assez, de coques, pour les manger comme ça.

La prochaine fois j'y vais toute seule et je m'en ramène une brouette entière, que pour moi.
Na.

lundi 4 juillet 2011

Menu Breton, part One : le homard

Bon, je le dis tout de go, les âmes sensibles doivent s'abstenir de lire ce billet.

Parce qu'il y aura des vrais moments de serial killer inside.

Aujourd'hui nous nous attaquons au Roi des Crustacés qui peuple les eaux tempérées (aux yeux d'un Inuit, oui) des superbes côtes bretonnes, et ce pour le plus grand bonheur des estivants aussi bien que des mecs du cru...

Le homard.
Superbe, magnifique, génial homard, qui a le bon goût d'avoir la chair presque aussi délicate que celle de sa copine snob la langouste, mais pour qui tu ne seras pas obligée de vendre ton 1er né, et de mettre une option sur tous ceux pas encore conçus afin de t'en payer une bonne tranche.


Donc, pour avoir la chance de goûter à la bête, voici ce qu'il faut faire 
dans l'ordre :

  • enfiler un short
  • remonter et en fait mettre un jean et une polaire (mais garder le débardeur en dessous, on est en juillet après tout)
  • aller sur le port du petit bled super pittoresque où les marinières coutent un bras, mais où les marins sont super sympa parce qu'ils arrivent là, avec leur caseyeur
  • attendre que les marins déchargent leur marchandise
  • mater avec envie les superbes marins homards, avec leurs pinces puissantes et leur belle couleur bleutée
  • se rendre compte que là à la sauvette sur le port, le prix du homard a brutalement dégringolé vers les 18 € du kilos, alors que chez le poissonnier il tourne autour de 25 € (et passe à 28€ le 1er juillet, bizarre ça...)
  • enfoncer vos doigts gourds dans votre poche pour y pêcher de quoi ramener 2 marins homards à la maison
  • et vite rentrer afin de préparer la recette qui régalera la maisonnée

Ingrédients (pour 4 personnes)

  • 2 homards (ici 1,7 kg les deux)
  • 3 grosses poignées de sel aux algues
  • 1 grosse marmite
  • de la mayonnaise maison

Regardez avec commisération les deux petits potes qui sont rentrés avec vous à la maison, mais qui ne vont pas y rester longtemps.

Remplissez de beaucoup d'eau froide un faitout bien haut qui pourra contenir pote N°1 et pote N°2 en même temps, et jetez y le sel.

Enfilez votre masque de froideur et d'impassibilité à la Hannibal Lecter, et saisissez vous de pote n°1 qui vous regarde avec des yeux de... homard.
Un bon truc à savoir : le homard donne de violents coup de queue quand il se sent menacé... (non pas de vanne, pas de vanne, je me retiens, on l'a déjà dit, ce blog est digne et distingué.)

Donc pour éviter un coup de queue malencontreux (oh qu'il est dur d'être digne), saisissez pote n°1 sur la partie du corps située juste après les pinces, et plongez le dans sa dernière demeure provisoire.
Je le dis distinctement pour ceux qui redoutaient de bien comprendre, pote n°1 est toujours vivant.

Pote n°2 le rejoint ensuite.

Et là, il vous faudra faire preuve de courage, mais à vaincre sans péril l'on se goinfre sans gloire : allumez le feu sous le faitout.
Et précipitez vous sur le couvercle pour le maintenir fermement, parce qu'étrangement, potes 1 et 2 n'apprécient pas trop et commencent à ruer sérieusement.

Passez un très sale moment à attendre que l'eau se mette à bouillir...
Ça met longtemps.

Ouvrez de nouveau les yeux lors de l'ébullition, il est temps de compter 15 minutes de cuisson, et ce serait dommage que les p'tits potes ne cuisent trop.

Sortez les une fois cuits, découpez les en 2, et servez avec une bonne mayonnaise.
Pensez que vous êtes une horrible créature avant de les goûter, et après pensez qu'il est parfois tellement délicieux d'être cruel que c'en est amoral.



Bon pour enrayer la polémique qui naîtra immanquablement, il paraît qu'il y a deux écoles quant à la cuisson du homard : une débutant à l'eau bouillante (et non personne n'a dit mauviette), et une débutant à l'eau froide comme ici...

N'ayant pas vu de différence notable quant à la cuisson de la chair en question, je crois que je vais rester du côté des mauviettes.
Et assumer : oui, ma chair est faible..., mais celle du homard vaut vraiment le détour.

Le meilleur scone, c'est celui qu'on n'attend pas...

J'ai souvent de grandes espérances pour mes petits déjeuners de fête ou de vacances.
Je rêve de délicieuses viennoiseries maison, si fondantes et à la mie filante, ou de crêpes aériennes, légères et moelleuses.
De pain chaud qu'on tartine en se brulant les mains.

Mais pour être assouvis, ces désirs nécessiteraient un état d'esprit plus alerte que n'est le mien généralement aux alentours de 05h30 du matin.

Eh oui, la boulange maison, c'est ça le problème, c'est que c'est Bibi qui doit faire une croix sur son petit déj de rêve en se levant aux aurores pour que d'autres puissent s'empiffrer de brioche.

Et étant donné le rendement cérébral qui est le mien le matin, des recettes requérant un niveau technique certain (ne pas oublier de mettre de la farine dans le gâteau) risquent d'être un peu revisitées...

C'est pour ça que quand j'ai eu une brusque envie de scones, je ne me faisais pas trop d'illusions sur le résultat final, par ailleurs déjà échaudée par de précédents essais.

Mais syndrome du désir compulsif oblige, en furetant sur le ouèbe mondial, j'ai trouvé une perle de recette.

Des scones faits en moins de 30min, bien gonflés comme il faut, et pour lequel la quantité de neurones actifs n'a pas à excéder 5% (j'ai testé pour vous).





Donc au nom de tous les miens (qui pleurent de joie à l'idée de n'être plus les cobayes de mes envies matinales déçues), merci Makanaï.

Ingrédients (pour une trentaine de scones)

  • 510 g de farine (T55 ici)
  • 1 paquet de levure chimique (soit 11g)
  • 5 g de bicarbonate de soude
  • ½ cc de sel
  • 90 g de beurre bien froid (en parcelles)
  • 300 ml de lait ribot

Préchauffez le four à 220°.

Mélangez la farine, la levure et le bicarbonate dans un saladier.
Ajoutez le beurre froid en parcelles et mélangez du bout des doigts jusqu'à l'obtention d'une textre sable humide très fin.

Versez alors le lait ribot et mélangez le moins possible à la fourchette, assez cependant pour former une pâte homogène qui se tient.

Étalez cette pâte sur un plan de travail fariné sur une épaisseur de 1,5cm environ et munissez vous d'un emporte pièce rond (un verre fait très bien l'affaire).

Découpez les scones en appuyant juste fort, sans tourner l'ustensile de découpe, ce qui apparemment pourrait gêner la levée.

Ramassez les chutes de pâte, empilez les les unes sur les autres en les manipulant le moins possible, et recommencez jusqu'à épuisement ( de la pâte ou de vous même, après tout c'est le matin ne l'oublions pas).

Enfournez pour une quinzaine de minutes.

Sortez brûlants et attaquez direct, avec vos confitures maison, du miel, du beurre...


Et observez la lueur de gratitude dans les yeux de vos proches, qui ont échappé ce matin là à la fureur de la brioche qu'on n'a pas encore mangée à 10h45 ou à l'horreur du gâteau sans farine dès 08h30.

samedi 2 juillet 2011

Confiture de Mara des Bois, façon Mamée.

Celui qui a « inventé » la Mara des Bois doit être un profond humaniste.

Pour avoir donné l'opportunité à des millions de citadins de retrouver sur leur étal de marché un goût d'enfance, si subtil et si délicat, et qui ne s'offre dans la Nature qu'aux chanceux qui vivent près des forêts...

Alors certes une Mara ne procure pas vraiment la même sensation que celles de ses cousines chipées dans les sous-bois et dévorées à même la main, et qui ont maculé de façon indélébile des milliers de tee-shirt et de pantalons neufs à travers les âges.

Mais bon ne faisons pas la fine bouche, se rapprocher de la perfection, en soi, ce n'est pas si mal, c'est une façon de voir le verre à moitié plein dirons-nous.

Et quand le verre en question est plein de cette confiture riche et parfumée, on se dit même que traverser la vie avec des lunettes roses, on veut bien pour toujours.
Des lunettes couleur Mara des Bois.

La Mamée que je connais, son élixir d'optimisme, elle le fait comme ça.

Ingrédients (pour une solide vingtaine de pots, on est une Mamée ou on ne l'est pas...)
  • 2,2 kg de Mara des Bois (épluchées et équeutées)
  • 1,7 kg de sucre cristal
  • le jus de 2 citrons jaunes
  • 1,5 cc d'agar agar (dilué dans un peu d'eau)
  • une vieille bassine en cuivre


Rincez les fraises à grande eau, puis équeutez les et coupez en morceaux plus ou moins gros (selon ce que vous voudrez retrouver sur vos tartines un des ces 4 matins...).



Versez les dans une grande bassine de cuivre, ajoutez le sucre et le jus des citrons, puis laissez un peu reposer en mélangeant.


Portez le mélange à ébullition et faites cuire à partir du bouillonnement une vingtaine de minutes en mélangeant sans cesse.

2 minutes avant la fin de la cuisson, rajoutez l'agar agar et faites bouillir donc 2 minutes de plus.

Versez la confiture brûlante dans des pots plus anciens encore que la bassine en question (stérilisés par lave vaisselle interposé au préalable), et laissez refroidir.

Les pots anciens n'ayant pas de couvercle, Mamée couvre ses confitures avec des feuillets en plastique spécial confitures (qui tiennent avec des élastiques) ou plus rarement de la paraffine (pour une meilleure conservation avec la paraffine, il faut qu'elles aient complètement refroidi).

Mais comme Mamée a quelques enfants, petits-enfants, et gourmands en tout genre qui gravitent autour d'elle, le problème de la conservation de la confiture ne s'est jamais vraiment posé de façon aigüe.

Dégustez à même le pot.
Ou donnez vous une contenance en tenant une tartine de l'autre main mais n'ayez crainte personne ne fera attention, occupés qu'ils sont tous à se lécher les babines.
Après tout, ce sont peut être dans les sous-bois modernes qu'on trouve les plus jolis loups.
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