Mistral Cooking

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vendredi 20 juillet 2012

Petits pots de légumes marinés... ou tout est mini dans votre vie!

Le mini légume, c'est tout le génie des as du marketing qui s'exprime en quelques centimètres à peine.

Le mini légume, au début tu ne te méfies pas, tu ne l'as pas encore bien vu, bien trop occupée à soupeser de gigantesques pastèques et des melons charnus, ou à renifler le pédoncule d'une tomate ancienne qui te fait de l'œil...

Mais à peine est-il entré dans ton champ de vision conscient que tu es déjà perdue corps et biens, puisque comme son nom l'indique, il est mini, il est riquiqui, il est tout tout tout petit, on dirait un vrai mais en rétréci...
On dirait... rhooooooo un bébé légume!

Et là des siècles d'inné – et quelques dizaines d'années d'acquis par le biais de la société de consommation que nous chérissons tant – t'écrasent sous le poids de leur impérieux commandement : « prends soin de tout ce qui est petit, trop mignon screugneugneu, riquiqui, et tu en feras quelque chose de Grand».

Ça marche donc à peu près pour tout :
un mini chat (le chaton adorable qui s'est transformé au fil des ans en Maine Coon de 8,5 kg),
un mini chien (le chiot minuscule que tu tenais dans ta main et qui te renverse à présent de ses 120kg de St Bernard),
un mini humain (ton bébé que tu tenais au creux d'un seul bras et qui te demande aujourd'hui d'un air morgue ce qu'on mange ce soir),
une mini jupe (encore la survie de l'espèce),
une mini voiture (pourquoi est ce que tu crois que tu aimes tant ta Fiat 500? parce qu'elle te rappelle l'époque où tu en tenais une dans la main, de Majorette),
un mini PC (que tu peux théoriquement glisser dans ton sac alors que tu n'as jamais besoin d'un ordi quand tu fais les courses chez Dia)
une mini dînette (arrête de piquer les taraillettes en porcelaine de tes filles, c'est pathétique)
un mini macaron ou un mini cookie (tu crois que parce qu'il est petit il n'ira pas se loger où tu penses en mettant donc en péril la survie de l'espèce, mais 15 mini macarons égalant facilement 3 vrais, bref...)
ton mari (mais ça c'est ta belle-mère qui en a pris soin quand il était petit et t'as vu, elle en a fait quelque chose de Grand non?)

Voilà.
Et maintenant le mini légume.

Comment résister?
On peut pas.

Et te voilà donc chez toi avec une cargaison de minis légumes.
Sauf que, on en fait quoi au juste, une fois qu'on a fini de jouer à la dînette?

Une ratatouille pour Lilliputiens?

Mais en même temps si tu en avais acheté plus, eh bien disons que la France serait obligée demain d'emprunter à des taux beaucoup plus élevés que d'habitude pour régler ta contribution à la crise de la dette.

Donc?

Et là l'illumination.
Voilà ce que tu pourras répondre à ton mari goguenard qui s'apprête à te demander ce que donc tu vas faire de ces bébés légumes trop mignon screugneugneu achetés à prix d'or sur un coup de tête :
« Je vais en faire des minis conserves, pour offrir comme minis cadeaux gourmands aux mères des minis copines de nos enfants ».

Bon en fait c'est pas vrai, tu vas les garder pour toi et les manger toute seule avec volupté accompagnées d'une bonne baguette fraiche...

Mais tant de mauvaise foi t'ont quand même fait gagner les recettes qui suivent : 






Ingrédients (pour 3 minis conserves, et une normale, mais j'avais plus de minis pots... snif)

  • Pour les conserves de poivrons à l'ail et au basilic
  • Une quinzaine de ces magnifique minis poivrons rouges trop mignons que tu vois là bas
  • Une gousse d'ail
  • Du sel, du poivre
  • De la bonne huile d'olive bien fruitée
  • Quelques feuilles de basilic frais

Mettez les poivrons sur une plaque recouverte d'une feuille d'alu ou papier sulfu, et enfournez dans un four préchauffé à 210°. Vu la taille de la bête, ne les laissez pas tout seuls trop longtemps, environ 10 minutes suffiront à ce que leur peau noircisse et cloque.
Laissez les un peu refroidir, avant de les peler et épépiner (si vous voulez les avoir entiers je vous conseille de les épépiner avant cuisson). Salez les, pelez la gousse d'ail et coupez la en petits morceaux, mettez les minis poivrons dans les pots préalablement stérilisés (ou simplement ébouillantés ici, je ne compte pas commercialiser...), ajoutez quelques morceaux d'ail, quelques feuilles de basilic lavées, tassez bien et versez l'huile d'olive pour les immerger totalement.
Laissez mariner au moins une nuit avant dégustation...
Une vraie « tu parles d'une recette » hein?
Mais qui a dit que quand c'était simple ce n'était pas grand quand même? A déguster avec du pain frais pour saucer la moindre goutte de l'huile parfumée...

  • Pour les aubergines marinées au vinaigre et au piment (ça c'est une recette de famille lecteur, je te chéris vraiment pour te la donner comme ça)
  • 8 minis aubergines parme si mignonnes que tu as envie de les cajoler tiens
  • du sel
  • 1 gousse d'ail
  • 25 cl de vinaigre blanc
  • 75 cl d'eau
  • de la bonne huile d'olive bien fruitée
  • 1 piment oiseau entier ou moulu
  • de l'origan

Commencer par laver les petites aubergines, et coupez les en lamelles (ici je les ai laissées entières bien que lamellées, pour faire plus joli mignon srcreugneugneu, mais vu qu'en vrai ça marche aussi avec des aubergines normales toutes grosses tu peux lameller franchement si tu en as envie. Par contre avec des vrais aubergines toutes grosses, il faudra aussi les peler).
Mettez les à dégorger au sel dans une passoire (pour les minis compter 1h à 1h30, pour les grosses compter 3 h).
Une fois ce temps écoulé, rincez les puis pressez les entre vos mains plusieurs fois pour en expurger le maximum d'eau.
Mettez à bouillir dans une casserole le vinaigre blanc mélangé à l'eau, puis plongez y les aubergines pour 2 à 3 minutes (en fonction de la taille des morceaux si tu vois ce que je veux dire...)
Récupérez les à l'aide d'une écumoire, mettez en pot avec quelques morceaux d'ail pelés, de l'origan, et un petit peu de piment entre quelques couches d'aubergines, tassez bien, puis versez votre bonne huile d'olive bien fruitée, ainsi qu'une petite louche (ou une cuillère à soupe, tout dépend de la taille du pot tu vois ce que je veux dire...) du bouillon vinaigré.
Fermez et laissez mariner au moins 12 h.
A déguster tout pareil avec du pain frais...

Pour ce qui est du mélange vinaigre/eau, la quantité est donnée à vue de pif, pour mes petites aubergines ça suffisait amplement.
Si vous voulez en faire des grosses, veillez juste à respecter le principe d'un volume de vinaigre blanc pour 2 volumes d'eau, et adaptez en fonction des quantités à ébouillanter...!





Bon, je vous laisse, je m'en vais écouter M. Dutronc Père... en jouant aux taraillettes.


jeudi 15 septembre 2011

Dal jaune et vert aux 10 parfums... pour partir loin !

Je suis tout à fait consciente que ce n'est pas forcément la période appropriée pour se prendre une bonne suée en dégustant ce dal, mais en même temps il paraît que les touaregs boivent du thé brûlant pour se rafraichir dans le désert... donc on partira ici du même principe.

Qu'il fasse chaud ou froid, ce curry là ne vous laissera pas indifférent... Si parfumé, si goûteux, et surtout si diététiquement correct, avec le plein de légumes secs, épices et légumes verts en un seul tour de main.

Et puis aussi ça fait un bail que je l'ai faite cette recette, et je me désespérais depuis de pouvoir enfin la publier, donc c'est dit aujourd'hui, c'est l'heure du dal, et c'est parti.

Toujours avide de découvrir de nouvelles légumineuses sympa à cuisiner, j'avais craqué il y a un moment sur ces petits pois cassés jaunes.

Il ne m'ont pas déçue : ils gardent meilleure contenance que les pois cassés verts après cuisson, et ils se marient parfaitement au citron vert. Que leur demander de plus?

C'était une improvisation totale, mais en partant du principe que ce qui provient à l'origine d'Inde ne peut être que ravi d'y retourner, je les ai également accompagnés de curry madras, gingembre et ail.
Bon en partant aussi du principe qu'on ne se refait pas, j'ai aussi ajouté du basilic histoire de garder un petit relent de terroir.

Quant à l'histoire des parfums : rien qu'avec le curry on dépasse facile les « 5 parfums », qui sont un grand classique des intitulés de tambouille. Mais bon je voulais pas non plus dire le si poétique «1000 parfums» parce que ce n'est pas aujourd'hui que je vous ferai le coup de la Sartine...

Donc en les comptant bien : coriandre, curcuma, ail, piment, fenugrec, moutarde, cumin, gingembre, basilic, citron vert, ça fait 10. Et celui qui compte le persil pour servir n'est qu'un vil ergoteur.

Sans plus attendre, le dal jaune et vert aux 10 parfums.




Ingrédients (pour 5 personnes)

  • 400 g de pois cassés jaunes (dans les épiceries orientales, ou dans les rayons des très très gros hypermarchés à la section « Cuisine du Monde »)
  • 2 gros poivrons verts
  • 2 oignons blancs doux
  • 50 g de gingembre épluché
  • 1 petit bouquet de basilic
  • 2 gousses d'ail
  • le jus d'un citron vert et demi
  • 2,5 cc de curry madras (ou plus si you like it hot. Rappel : le curry madras se compose généralement des épices suivantes : coriandre, curcuma, cumin, ail, moutarde, fenugrec, piment doux)
  • 1 CS d'huile d'olive
  • 1 CS de ghee (ou beurre clarifié, ou beurre tout court)
  • QS de persil haché pour servir (ou de coriandre fraiche, encore mieux!)
  • Sel, poivre

Pensez à faire tremper un peu vos pois, quelques heures avant utilisation.

Épluchez les oignons, réservez en un, et découpez l'autre en fines lanières.
Coupez les poivrons verts en lamelles pas trop longues en les ayant débarrassés au préalable de leurs graines et réservez.
Épluchez les gousses d'ail, découpez le gingembre en petits cubes et préparez vos épices à proximité.

Dans un hachoir ou un blender, mettez les 2 gousses d'ail, 1 oignon, les morceaux de gingembre, et la totalité du bouquet de basilic et actionnez le pour obtenir une sorte de pâte parfumée.

Dans une sauteuse à bords hauts, faites chauffer l'huile et le beurre et faites y revenir l'oignon coupé en lamelles pour qu'il dore gentiment.
Puis au bout de 5 minutes ajoutez les lamelles de poivron et enrobez les bien de matière grasse.

Laissez dorer encore 5 minutes puis ajoutez la pâte parfumée ainsi que les épices et augmentez un peu le feu pour que tous les parfums s'exhalent au mieux (en remuant régulièrement cela étant car les épices brûlent très facilement).

Ajoutez enfin les pois cassés égouttés, mélangez bien, et mouillez d'eau à hauteur.
Puis couvrez et faites cuire une quarantaine de minutes (à vérifier en goutant aux pois cassés de temps en temps, ils ne doivent pas être trop durs à cœur)

En cuisant les pois vont se déliter et donner une consistance de purée à l'ensemble.

Au moment de servir, ajoutez le jus des citrons verts, mélangez une dernière fois et saupoudrez les bols d'herbes fines hachées sur le moment.



Avec des naans, c'est le bonheur.
Avec de la baguette fraiche aussi, remarque.

Roboratif, réconfortant et parfumé, ce petit dal là fait voyager à peu de frais.
Alors... mangez des pois!

dimanche 4 septembre 2011

Les farcis du panier...ou le lien social 2.0


Ce n'est pas forcément que je surestime automatiquement la capacité stomacale de mes pauvres convives...
C'est bien évidemment surtout un truc de culture.

La cuisine du bassin méditerranéen, pas de scoop ici, est une cuisine familiale par excellence.

Les régions dites « latines » ont des siècles de comportement acquis quant à la nécessité pour une cuisinière de savoir faire face au débarquement de solides gaillards affamés qui il y a un moment sarclaient ensemble le champ d'à côté sous un soleil de plomb, ou pêchaient au chalutier les sardines alors innombrables de la Grande Bleue.
Gaillards qui étaient généralement les frères de la cuisinière en question, tous mariés et qui amenaient avec eux le dimanche leurs femmes très enceintes, et la nuée d'enfants poussiéreux mais hilares qui avaient précédé celui actuellement dans le tiroir.

Bien sûr cette image d'Epinal loin d'être idéalisée par ailleurs – la misère frappait fort en ces temps là, donc manger à sa faim ET en avoir à donner aux voisins c'était le luxe – n'a plus cours aujourd'hui et ce depuis un bail.

Et effectivement, je ne fais pas partie d'une tribu innombrable de frères et sœurs, mon seul lien concret avec la terre est de pester quand j'en retrouve dans mon salon parce que mes filles ont fait leur « soupe », et je ne connais pas le nom du rafiot (qui n'en est probablement pas un) qui a pêché les sardines (de plus en plus petites au fil des années d'ailleurs) achetées au supermarché.

Et pourtant cette survivance là, j'y tiens.
Parce que derrière le désir tout personnel de recréer une tribu, derrière cet amour aujourd'hui si tendance du « vieux », de « l'authentique » du « c'était mieux avant non? » (« t'as vu c'est trop vintage!! »), eh bien il y a le sentiment vrai que le lien social s'établit avant toute chose par la cuisine.

Se nourrir et surtout nourrir les autres est l'étape première de la communication, et autour d'un plat partagé se créent les affinités et les discordes (« foutrement trop salé, moumoune ») qui font, comment dire... le sel de la vie.

Quant aux origines des plats à partager, il est vrai aussi que c'est la culture des « restes » qui joue ici : ne rien gâcher, ne rien perdre, et essayer de faire du bon avec ce qu'on a sous la main, ce qui est source d'un grand dynamisme culinaire... tout comme d'un bon nombre de ratages mais ça aussi après tout ça crée du lien (« ah la dispute de 1971...! »)

Les farcis, plat ô combien de saison, rassemblent les deux caractéristiques que j'évoque ici.
On ne fait pas un seul et unique légume farci, non. Ça n'existe pas.
On fait les farcis avec les légumes de fin d'été dont on a soupé (et après un été inondé de courgettes, de poivrons et d'aubergines il faut turbiner pour trouver de nouvelles façons de les accommoder) et avec l'optique d'en distribuer autour de soi, parce que les farcis... eh bien c'est comme ça.

Ça se mange chaud, ça se mange froid, ça se mange dans une gamelle ou dans un plat, les farcis c'est tout simple, c'est pas bégueule et surtout ça se partage... eh bien les voilà.





Ingrédients (pour 8 personnes ?)
Outre celle présente de façon quotidienne dans mon salon, j'essaie de me reconnecter avec la Terre grâce à Seconde Nature pour recevoir un panier bio de saison toutes les semaines, c'est donc de là que provient la recette originelle du pâtisson farci... que j'ai un peu modifiée, puisqu'une aubergine et deux poivrons passaient par là aussi... et que les quantités... eh bien on ne pas revenir sur la question.
Mais un grand merci tout de même à Valérie pour cette excellente idée, et la découverte de ce curieux légume à la forme de courge et au goût d'artichaut! Si vous voulez voir l'original de la recette, c'est par ici...

  • 1 grosse aubergine
  • 2 poivrons rouges
  • 1 tomate
  • 1 gros oignon blanc doux
  • 2 gousses d'ail
  • 2 poignées de chapelure
  • 1 œuf
  • 2 CS de persil haché
  • 1 CS de coriandre
  • 1 CS d'huile d'olive + 1 cc de beurre clarifié (ou beurre normal)
  • 3 cc de cumin moulu
  • sel, poivre
  • 500 g de bœuf haché
  • 500 g de chair à saucisse

Après avoir lavé tous vos légumes, découpez un chapeau au pâtisson, enlevez les graines et creusez le un peu. Puis mettez le dans l'eau bouillante pour 5 minutes (j'ai mis 2 minutes seulement c'est un peu juste car la peau de ce légume est très épaisse...). Égouttez le et réservez.

Découpez un chapeau à l'aubergine (laissez lui son pédoncule c'est plus joli...). Creusez la chair sans entailler la peau, réservez la pulpe, salez l'intérieur de l'aubergine et renversez la sur du papier absorbant le temps de faire le reste...

Découpez des chapeaux aux poivrons et enlevez les pépins et parties ligneuses. Réservez.

Mélangez votre bœuf haché et votre chair à saucisse, une occasion en or de patouiller.

Hachez l'oignon avec l'ail, la tomate et la chair de l'aubergine.
Faites fondre le beurre et l'huile dans une sauteuse à bords hauts et faites revenir ce hachis à feu un peu vif pendant 3 minutes.
Ajoutez le cumin en poudre et mélangez.
Versez le mélange des deux viandes hachées et faites revenir toujours à feu un peu vif en remuant bien pour que la viande dore un peu.

Préchauffez votre four à 180° chaleur tournante.

Faites cuire environ 5 à 8 minutes, puis ajoutez la chapelure, mélangez.
Hors du feu, ajoutez l'œuf entier, puis les herbes fines hachées.
Salez, poivrez.

Puis farcissez vos légumes... et la petite cocotte violette qui se trouvait là puisqu'il y avait trop de farce pas assez de légumes.

Tassez bien, remettez les chapeaux à tout le monde et enfournez pour 30 à 40 minutes de cuisson (selon les fours).

Servez chaud, froid, mangez ça tout seul en boudant ou avec votre famille, vos voisins,vos amis.
Mais surtout, surtout. Parlez en.







PS : mais bon ne parlez pas que de la croûte du pâtisson qui est vraiment trop épaisse pour être consommée par quelqu'un d'autre qu'une chèvre... auquel cas la dispute de 1971 pourrait se voir purement et simplement détrônée.
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