Cet
après-midi là, j’avais envie d’ubiquité.
Être transportée dans un tourbillon à l’indienne évoqué par autant de riz épicés, de
parfums enivrants, de noms enchanteurs (qui peut résister à des mots aussi
exaltants que « Bangalore », « Malabar », « Kerala »
ou « Jaïpur ») et de couleurs vibrantes.
Retraverser
l’océan immédiatement pour évoquer la douceur d’une soirée martiniquaise,
entourée par le bruissement des cannes à sucre.
Réussir
le tour de force d’évoquer le souvenir à la fois des pâturages bretons et de la
chaude saveur d’une cuisine maghrébine.
Et
enfin finir mon périple vers des terres encore inexplorées, pour goûter une
première fois au charme slave…
Cet après-midi-là,
j’ai visité tous ces endroits.
En quelques heures.
J’ai
épluché avec délice les gousses de ma cardamome verte, toujours aussi envoûtée
par ce parfum à la fois boisé, floral et camphré qui a le don de me transporter
immédiatement (eh oui je l’ai déjà dit là ou encore là).
Quand les grains ambrés de ma cassonade ont eu fini de remplir mon verre mesure,
je me suis dit qu’un ti-punch pour accompagner tout ça n’aurait pas détonné.
J’ai
trempé un doigt gourmand dans le lait fermenté : qu’il soit ribot ou lben, il attendait sagement d’exécuter le miracle qu’il produit irrémédiablement sur
toute pâtisserie : un moelleux incomparable.
Et
quand enfin il a été temps de pétrir, de malaxer, de façonner, je me suis dit
qu’à l’ombre d’aussi jolies brioches en fleur, la Bulgarie devait être vraiment
une terre à découvrir…
Alors
un grand merci à Iza pour m’avoir ouvert la porte à un si bel après-midi de
boulange voyageuse… puisque c’est chez elle que cette brioche bulgare a commencé à s’épanouir.
Et
vous, vous embarquez pour où ?
Ingrédients (pour une sommité florale rassasiant au moins 5 convives)
-
500 g de farine (j’ai pris de la T65)
-
2 œufs
-
15 g de levure de boulanger
-
200 g de lait ribot à peine tiédi
-
20 g de beurre en parcelles à température
ambiante
-
70 g de cassonade
-
6 à 8 gousses de cardamome verte
-
1 cc de sel
-
50 g de beurre fondu
Décortiquez
les gousses de cardamome pour en recueillir les graines, et mixez ces graines
dans un blender avec la cassonade pendant 5 bonnes minutes.
J’ai
fait la brioche en MAP, Iza vous indique comment la pétrir à la main avec en
plus les images du façonnage donc foncez la voir !
Procédez
en fonction de votre MAP quant à l’ordre des ingrédients à verser, par contre
réservez le beurre en parcelles : lancez le programme pâte une fois que
tous les ingrédients sont réunis, laissez la pétrir quelques minutes, et une
fois seulement que le pâton est formé et qu’il se tient, ajoutez alors votre
beurre.
Après
le temps de repos habituel, dégazez gentiment la pâte et divisez là en 16 boules
de poids égal (si vous pouvez, moi je n’ai réussi qu’à en faire que 14 et c’est
allé quand même).
Etalez
chaque boule en disque, badigeonnez ce disque de beurre fondu, et saupoudrez le
d’une rasade généreuse de sucre parfumé à la cardamome.
Puis
superposez dessus un autre disque de pâte lui-même badigeonné et saupoudré, et ainsi
de suite jusqu’à ce que vous ayez 4 couches de pâte (soit 4 disques… évidemment
si vous n’avez que 14 pâtons, il y en aura au moins 2 qui n’auront que 3
couches de pâte… mais bon on n’est pas tous faits pareils après tout…)
Roulez
chaque montage de disques en un boudin à peu près harmonieux, et découpez dans
ce boudin des triangles de pâte.
Chemisez
un moule à manqué de 24 cm de diamètre de papier sulfurisé, et placez y les
triangles en les superposant au final puisque c’est cela qui crée l’impression « florale »
de cette jolie brioche…
S’il
vous reste du beurre fondu et du sucre parfumé, c’est le moment de faire un
geste citoyen et de tout recycler en l’arrosant généreusement…
Laissez
pousser dans un endroit chaud et à l’abri des courants d’air pendant 45 min.
Enfournez
dans un four préchauffé à 180° en chaleur tournante, et laissez cuire une 30aine
de minutes (à ajuster en fonction de votre four et de la coloration souhaitée
de la brioche).
Après
avoir dégusté cette mie filante et parfumée, je me suis dit que finalement ce n’était
pas si grave qu’on soit dimanche soir ce soir là.
Parce
que vous savez quoi : dès lundi, j’y retourne tout là-bas. Oui.
Il en
reste plein, de la brioche.













