Mesdames et
Messieurs, tout est dans le titre.
A l’instar de
l’autre pathologie maligne qui sévit en ce moment, la foodista fever, sa proche
cousine, peut se choper sans qu’on s’en rende compte.
Les modes de
transmissions sont simples : au gré de vos lectures et autres pérégrinations,
votre attention est happée par un terme exotique qui vous laisse pantois… et là
c’est le drame, les mots commencent à vous hanter… inconsciemment la plupart du
temps.
Fève tonka,
beurre sec des Charentes, ail des ours, mirin, feuille de riz, matcha,
manitoba, borlotti, burrata, cannoli, udon, ramen, ghee, poutargue de thon,
philadelphia…
Autant de pointes venimeuses prêtes à se ficher en votre cœur tendre
pour vous inoculer ce Haut Mal.
Soyez donc
prudents, si par un bel après-midi de printemps, férié probablement comme le
sont tous les beaux après-midi de printemps, vous vous retrouvez en train de
tapoter fébrilement du pied et de vous gratter frénétiquement le bout du nez en
vous passant la langue sur les lèvres à la lecture d’un magazine culinaire.
Ce sont les
premiers symptômes et si vous n’y mettez pas le holà, vous allez prochainement
vous retrouver en train de vous harnacher pour une expédition impromptue au
premier supermarché exotique venu, vous qui n’aviez prévu rien d’autre qu’un
moment intense de farniente dans le texte… certes beaucoup plus poétique que
notre terme gaulois de « rien glander du tout », mais pour le reste
il s’agit du même processus.
Et bien non
ça y est c’est trop tard, vous voilà errant à 17h45 dans les allées plus ou
moins bondées du magasin asiatique situé à l’autre bout de la ville.
Or comme ce n’est
pas votre premier accès de Foodista Fever, vous avez paré à toute éventualité
et vous n’avez pris qu’un panier riquiqui, histoire de limiter les dégâts
collatéraux pour votre étagère Ikéa de la cuisine qui supporte déjà le poids de
deux quintaux de produits secs qui pourraient vous permettre de tenir le siège
de Carcassonne deux fois de suite.
Mais c’est préjuger
de ce Haut Mal qu’est la Foodista Fever.
Puisque votre
précaution vous servira juste à finir à la caisse, vos membres supérieurs
ensevelis sous le poids de ce que vous n’avez pas réussi à rentrer en équilibre
sur le panier, votre jambe vous servant à pousser ledit panier dans les allées
bondées… je l’ai déjà précisé.
Pas grave ce
ne sera pas la première fois que vous vous servez de vos dents pour sortir
votre carte bleue, votre émail diamant s’en remettra.
Ceux qui vous
suivent à la caisse peut être pas. De rire.
Vous voilà
enfin rentré(e) chez vous.
De fait la
fameuse étagère étant déjà sur le point de périr, il vous faudrait cuisiner
dans la foulée tout ce que vous avez traîné jusqu’ici, afin d’être en mesure de
nourrir le voisinage qui n’a bien entendu rien demandé.
Un moment
désemparé(e) par le fait d’avoir craqué sur des ingrédients qui vous sont ma
foi moins familiers que la plaquette Président, ou la courgette toute bête qui
squatte votre frigo, il vous faut donner le coup de grâce à la maladie, faute
de quoi elle vous emportera…
Et il n’existe
qu’un seul remède à cela : improvisez.
Si ce n’est
donc cette recette, ce sera celle-là. La FF n’aura pas ma peau. Et mon porte-monnaie
pour rien.
Dont acte.
Ingrédients (en entrée disons pour 4,
en plat principal, j’aurai presque tout mangé toute seule… Hum)
-
4 ou 5 bébés bok choy tips (oui je sais ça titille hein, mais
résistez ce sont les premiers symptômes !! Sinon, si vous voulez céder,
allez voir par là)
-
Un demi-paquet de nouilles udon (allez voir ici)
-
Une dizaine de radis ronds
- Une demi-botte de cu chai (par ici pour l’explication. Pour tout
vous dire je croyais avoir acheté de l’ail des ours… ! Mais non, ce sera
pour mon prochain accès de FF)
-
3 CS de vinaigre de riz
-
2 Cs d’huile d’olive
-
4 à 5 CS de sauce soja (type Kikkoman)
Faites
blanchir les bébés bok choy tips dans de l’eau bouillante pendant 30 à 45
secondes pas plus, puis refroidissez les immédiatement à l’eau glacée pendant
quelques instants pour être sûr de fixer la couleur et de stopper la cuisson,
mais ne les laissez pas trop tremper non plus sinon ils se gorgeront d’eau et
perdront leur côté ultra croquant.
Essuyez
soigneusement et réservez.
Faites
bouillir de l’eau légèrement salée pour cuire vos udon, 4 minutes pas plus
après reprise de l’ébullition, rafraichissez sous l’eau froide dès la fin de
cuisson et laissez-les elles légèrement humides pour qu’elles ne collent pas
trop.
Détaillez vos
bébés bok choy tips en morceaux épais, émincez finement vos radis rincés,
ciselez le cu chai (comme de la ciboulette), versez les udon égouttés dans un
saladier et mélangez délicatement avec vos légumes.
Dans un bol à
part, mélangez la sauce soja, le vinaigre de riz, et l’huile d’olive et
émulsionnez puis versez la sauce dans le saladier et remuez délicatement
toujours.
Dégustez
aussitôt ou réfrigérez une trentaine de minutes avant délectation.
Bon je vous
laisse je dois m’en aller trouver une solution de stockage à tout ce qui reste
de mon dernier accès de Foodista Fever.
Soyez
vigilants… la FF vous guette.





