Mistral Cooking

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lundi 2 janvier 2012

Cake triple M, Mûres-Matcha-Mascarpone... pour en finir définitivement avec 2011 et son triple A !


Ils nous les ont brisées menues.
Et je reste d’une politesse exquise en le disant ainsi.

A force de voir ce sigle jaillir de tous côtés avec la férocité d’une horde barbare déferlant sur un territoire encore à prendre, à force d’entendre nous seriner en boucle à quelles abominations nous allions être livrés lorsque le triple rempart tomberait, j’en rêvais la nuit…

J’en rêvais… de leur dire un triple M et d’aller voir ailleurs si j’y suis.

Et puis, un jour… je l’ai fait.

Alors le cake triple M au final, c’est ça :

-     M pour Matcha, parce que le vert ça m’a toujours redonné la pêche et qu’il renvoie à un bientôt printanier qui me fera rêver, comme le blé qu’on plante ici à la Sainte Barbe et dont les tiges d’un vert tendre nous rappellent qu’il refera doux… un jour

-  M pour Mascarpone, parce que c’est bien connu le gras c’est un antidépresseur du tonnerre et que quitte à mourir dans 353 jours, 5 heures et 16 minutes à l’heure où j’écris ces lignes, en ayant bien entendu au préalable, ô décheance suprême, perdu notre triple A, eh bien justement on va pas s’emmerder à garder la ligne pour rentrer dans un maillot Erès taille 34 qu’on ne peut plus se payer(c’est la crise quoi)…

-     M pour Mûres, parce que c’est bien connu, si la Terre est bleue comme une Orange, l’Espoir lui, se cultive Mûre à point. Y a pas à tortiller.

Donc pour toutes ces excellentes raisons, venez mordre avec moi dans le MMM, et kiss kiss bang bang 2011 et ton triple A, de toute façon je te regretterai pas.

Sur ces mots, je m’en retourne creuser à la main mon bunker perso 10 pièces cuisine avec la pelle Hello Kitty rose de mes filles, et je poursuis allégrement la grève des informations entamée il y a quelques semaines…





Ingrédients (pour 6 personnes)

-          200g de farine T55
-          250 g de mascarpone
-          2,5 cc de thé vert matcha en poudre
-          180 g de sucre glace
-          3 gros œufs
-          100 g de poudre d’amandes
-          1 sachet de levure chimique
-        QS de mûres (les miennes étaient congelées depuis une petite escapade qui me metdu baume au cœur)

Fouettez les œufs énergiquement avec le sucre glace (au robot à vitesse moyenne par exemple). Puis ajoutez le mascarpone et continuez à mélanger énergiquement.
Tamisez la farine, la poudre d’amandes et la levure chimique avec le thé matcha et versez ce mélange sur l’appareil sucre, mascarpone, œufs.
Mélangez à  la maryse pour bien incorporer le tout.

Versez dans un moule à cake préalablement beurré, et insérez à la main les mûres dans le cake, en les enfonçant profondément (elles auront toujours tendance à remonter un peu…)

Si vous ne voulez pas vous la jouer food designer à la noix comme moi ci-dessous, vous pouvez toujours mettre beaucoup plus de mûres et les incorporant en les farinant un peu au préalable à l’appareil à cake directement…

Enfournez pour 45 min.

Laissez refroidir un instant à la sortie du four avant de démouler sur une grille et laissez lui le temps d’être juste à température ambiante, pour enfin mordre dedans à pleines bouche avec un MMMMMMMMMM éloquent.





On n’est pas bien là ?

Allez 2012, vis va et deviens, moi je continue à manger dans tous les cas.

Meilleurs vœux à vous tous qui passez par là… et que vos routes soient pavées de… mûres, matcha et mascarpone.

mardi 13 septembre 2011

Muffins mûres et liqueur de fraise... ou nos 6 degrés de séparation

Je ne suis pas allée dormir chez elle quand j'étais petite, on n'a jamais fait les magasins ensemble, elle ne connaît ni mon premier amour de maternelle ni le prénom de mes enfants alors que moi si je voulais, je pourrais tout savoir d'elle en un clic... (et même si je veux pas d'ailleurs, l'info semble s'obstiner à me parvenir toute seule...)

Et pourtant.
Pourtant nous avons partagé beaucoup plus que ça, n'est ce pas.

Une recette.
Des souvenirs gouteux qui iront s'inscrire noir sur blanc sur le cahier de recettes que je léguerai plus tard à mes gnomes.
Un moment agréable, une pause sereine et douce, un tea time tranquille par un bel après midi de fin d'été.

Quelle théorie formidable que les six degrés de séparation... Un Monde si petit en soi que tout paraît possible... Même prendre le thé dans la cuisine de Blythe Danner dans les années 70, alors que nous vivons plus de trente ans après sur 2 continents distincts.

Et puis ça m'a donné l'opportunité d'enfin utiliser un souvenir de vacances...





Ingrédients (pour une douzaine de muffins)

Recette inspirée donc du dossier d'Elle à Table à l'occasion de la sortie du livre de G. Paltrow, Mon carnet de recettes. La recette originale est à base de myrtilles, de lait « normal » et sans liqueur. Sinon c'est tout pareil.

  • 8 CS de beurre fondu (en gros ça fait 70g...)
  • 2 œufs
  • 120 ml de lait ribot
  • 250 g de farine
  • 145 g de sucre (j'ai mis 130g à cause du sucre de la liqueur)
  • 2 cc de levure chimique (j'ai mis du bicarbonate de soude)
  • ½ cc de sel
  • 325 g de mûres (au lieu de 375 g de myrtilles)
  • 1,5 CS de liqueur de fraise de Plougastel

Préchauffez votre four à 190°.

Battez les œufs avec le lait, le beurre fondu refroidi et la liqueur de fraise.
Dans un autre saladier, mélangez la farine, le sucre, la levure et le sel.

Versez le saladier « liquides » dans le saladier « solides » en remuant le moins possible, juste pour amalgamer l'ensemble mais le fait qu'il reste des grumeaux est le fameux petit plus anglo-saxon qui rendra vos muffins bien moelleux.

Remplissez vos caissettes à muffins aux ¾.

Enfournez pour 25 à 30 min de cuisson disait la recette. J'ai adapté au vu des frasques habituelles de mon four (je dirais qu'ils ont cuit bien 20 minutes).

De parfaits petits muffins US dans une cuisine de l'arrière pays provençal. Sacré pont entre deux rives.
Après il nous en faut nous retourner à la vraie vie, avec moins de paillettes, moins de dollars, moins de facilités et d'opportunités que ce que nous laisse entendre ce fameux village Monde, mais bon...
On a les muffins en prime alors de quoi se plaint on?



Donc merci Blythe, du fond du cœur, pour ce bel après midi.
Ça te gêne pas le « first name basis », après tout on se connaît non? (pardon Mrs Danner c'était juste pour le sarcasme...).

jeudi 1 septembre 2011

Tarte mûres sauvages, lemon curd et mascarpone vanillé...ou la fin d'une époque

Le temps des cerises est depuis longtemps terminé, Août s'en est allé sur la pointe des pieds, et avec eux se termine également une période de ma vie.

Une période un peu étrange, remplie de beaucoup de rires et d'autant de colères d'enfants, de couches et de petits bobos, d'un train train quotidien presque immuable axée sur elles, de cette espèce de solitude accompagnée quand elles étaient à elles seules mes uniques interlocutrices de la journée...

Une période hors du temps, hors du siècle presque, tellement elle pouvait me déconnecter de la réalité d'un monde « actif » en perpétuelle effervescence.

Une période pétrie de contradictions, où il fallait se battre contre l'envie criante de plus de moments à soi, juste à soi, tout en sachant qu'elle serait celle que l'on regrettera le plus quand tous les moments seront à nous, rien qu'à nous, et que d'enfants il ne sera plus question.

La petite enfance est la période du simple : les joies comme les chagrins y sont faits du bois des petits riens, et c'est ce sentiment qui nous a habité lors de cette récolte de mûres.

Une femme, 2 toutes petites filles, un chemin rocailleux, des muriers sauvages à foison... et un panier à salade rempli à ras bord en guise de butin.

Et en retour, une tarte à la fois simple et un peu étudiée, une tarte qui allie douceur et piquant, sucré et acide, une tarte qui rassemble de si beaux souvenirs et qui signe la fin d'une époque.

Voilà notre tarte de filles.
J'espère que vous aurez autant de plaisir à l'essayer que nous en avons eu à la construire, au fil des jours.
Ça nous a pris 2 ans. Et des petits riens.







Ingrédients (pour une tarte rectangulaire de 36 x 12 + une tarte ronde de 16cm de diamètre)

Pour la pâte :
J'ai pêché la recette chez Clotilde, ici, que j'ai un peu modifiée. Je voulais essayer une pâte sucrée de Catherine Kluger, puisque la salée m'avait donné tant de satisfaction... Verdict : tout comme Clotilde, j'ai eu un peu de mal à la travailler (même après repos de plus d'une heure au frigo) ce qui explique que j'ai rajouté de la farine... Mais au final, pas de regrets : cette pâte réussit le tour de force d'être à la fois croquante, moelleuse et tendre... ainsi que délicatement sablée. Chapeau Catherine je dis.)
  • 230 g de farine (T55 ici)
  • 115 g de beurre
  • 60 g de sucre cristal
  • 30 g de pralin
  • 1 pincée de sel
  • 1 œuf
  • 25 g de lait
  • + QS de farine pour travailler l'abaisse.

Pour le lemon curd (une recette qui a fait ses preuves depuis longtemps, le Web en fourmille, moi je l'ai prise ici) :
  • 4 citrons (soit l'équivalent de 170 ml)
  • 120 g de sucre
  • 1 CS bombée de Maizena
  • 2 œufs

Pour la crème vanillée au mascarpone :
  • un pot de mascarpone (250 g)
  • 3 CS de cassonade
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 2 cc de gousse de vanille en poudre (ou une gousse grattée pour faire plus simple)

Pour la cerise sur le gâteau :
- 500 g de mûres sauvages (au jugé, je dirais une cinquantaine pour être plus précise, mais quand on a les mûriers en open bar devant soi on ne compte pas...)

Préparez la pâte plus d'une heure à l'avance.
Mélangez la farine, le pralin, le sucre et la pincée de sel dans un saladier.
Coupez le beurre en parcelles et amalgamez le du bout des doigts pour former un sable doux et humide.
Battez l'œuf et le lait ensemble, puis ajoutez les au sable formé en tournant pour bien les incorporer.
La pâte se rassemble autour de vos mains, c'est que c'est prêt.
Roulez en boule et filmez la, puis une heure au frigo (elle est un peu molle c'est normal et le restera après réfrigération, normal aussi).

Au bout de l'heure dite, préchauffez votre four à 180° et sortez la pâte. Abaissez la sur un voile de farine, en rajoutant quelques poignées de farine au fur et à mesure pour vous aider à la travailler si vraiment elle se montre récalcitrante. Mais essayez de n'avoir pas la main trop lourde, trop de farine la rendrait cassante et moins agréable en bouche.

Foncez vos moules et garnissez de poids ou de légumes secs, puis enfournez pour 25 minutes de cuisson.

Sortez les fonds de tarte et laissez refroidir.

Préparez votre lemon curd pendant l'heure de réfrigération de votre pâte à tarte.
Pressez le jus des citrons (ajoutez les zestes si vous le souhaitez), mélangez au sucre et à la maizena dans une casserole, et fouettez bien pour éviter les grumeaux. Puis mettez sur feu doux.
Battez les œufs en omelette dans un ramequin à part.
Ajoutez les au jus citronné en fouettant vivement en permanence, sur feu moyen à doux, pour éviter qu'ils ne brulent ni n'attachent, ni ne coagulent. La préparation va s'épaissir progressivement.
Tout un programme, mais au bout de vos 10 minutes de fouet vous serez ravis promis.

Lorsque le lemon curd est pris (attention il fige plus après réfrigération laissez vous une marge pour éviter d'avoir de la pâte de fruits compacte!), arrêtez le feu, mettez en pot, laissez refroidir au frigo pour 1 à 2 heures.

Quand ce temps de latence est écoulé, vous pouvez commencer à envisager le montage de vos tartes.
Mais juste avant, préparez la crème au mascarpone :
fouettez vivement le mascarpone au batteur électrique avec le sucre, le sucre vanillé et la poudre de vanille, jusqu'à obtention d'une consistance bien crémeuse et aérienne.
Réservez au froid.

Munissez vous d'une poche à douille à embout rond, et garnissez les fonds de tarte de lemon curd.
Puis lavez la poche et changez la douille pour une crènelée, et garnissez généreusement de crème vanillée.
Réfrigérez le temps de préparer les fruits.
Lavez les mûres à l'eau courante, puis séchez les délicatement et précautionneusement dans de l'essuie tout.

Disposez les mûres sur les tartes, et servez aussitôt.




La pause est maintenant terminée, on en ressort la tête pleine, le cœur un peu gros et la langue toute bleue.

Corporate world, me revoilà.

Fort heureusement, la tarte est là pour me donner du courage.
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