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jeudi 17 mai 2012

Petits farcis végétariens : ricotta, asperges violettes, fêta et menthe

Il semblerait bien qu’en ces temps troubles et difficiles, même le printemps voie son état de grâce se dérober sous ses pas…

Après une brise d’espoir qui nous a apporté une à deux journées splendides, la chape de plomb du dérèglement climatique nous est retombée dessus comme un cours de bourse capricieux effrayé par l’air du temps (ou par son ombre même, qui sait ?).

Pourtant la Nature, à son habitude, ne s’embarrasse pas du temps des hommes et en ce 17 mai, les légumes primeurs ont déjà débarqué depuis quelques semaines sur les étals.

Or près des étals en question point de parasol mais des passants malmenés à qui par le vent, à qui par le froid, au deux par la mauvaise humeur ambiante, et à l’heure où j’écris ces lignes, c’est avec désespoir que je regarde le ciel se charger de nuages peu amènes, et les prévisions météo à 10 jours finissent de tuer dans l’œuf mes aspirations printanières.

Mais faut bien vivre après tout hein.

C’est pourquoi au lieu de me lamenter, je préfère profiter des rares plaisirs dont on dispose désormais en ces jours sombres…

Les petites courgettes rondes de Nice, les asperges violettes et les oignons rosés de Roscoff sont de ceux-là.
Ainsi que la fêta, la menthe fraiche et odorante, et une ricotta bien crémeuse qu’on laperait à même le pot.








Laissez donc ces petits farcis végétariens remplir votre palais d’espoir, à défaut d’avoir le cœur léger et les bras légèrement hâlés…

Ingrédients (pour 4 personnes en entrée)

-      8 petites courgettes rondes de Nice
-      4 asperges violettes
-      125 g de ricotta
-      70 g de fêta
-      1 petit suisse
-      1 oignon rosé de Roscoff
-      1 oignon rouge
-      2 CS de vinaigre de cidre
-      1 CS d’huile d’olive
-      Le jus d’un citron jaune
-      1 beau bouquet de menthe fraiche
-      Sel, poivre

Faites cuire à la vapeur les courgettes évidées et leurs chapeaux respectifs, environ 10 à 15 min (selon la puissance de votre cuit vapeur, il faut qu’elles soient un peu « tombées » mais qu’elles restent croquantes) et rafraichissez les sous l’eau froide, puis égouttez les tête en bas.

Faites cuire également à la vapeur l’oignon rouge coupé en lamelles un peu larges (comme des petits pétales) pendant environ 3 à 4 min et rafraichissez le également bien sous l’eau froide pour qu’il ne perde pas trop sa couleur.

Détaillez la pulpe de courgette grossièrement.
Faites revenir dans la cuillère d’huile d’olive l’oignon rosé de Roscoff émincé, et ajoutez-y la pulpe de courgette, puis laissez mijoter pendant une dizaine de minutes, et enfin déglacez la poêle au vinaigre de cidre. Salez et poivrez.
Mixez le tout finement en purée au blender et laissez refroidir.

Fouettez la ricotta dans un saladier pour qu’elle soit bien crémeuse, ajoutez le petit suisse, puis mélangez ceci à la purée de courgette et d’oignon. Emiettez la feta, enlevez le tronçon dur des asperges rincées au préalable et râpez-les (oui, oui, crues !) au-dessus de la préparation puis mélangez le tout.

Enfin hachez de la menthe selon votre goût (ici beaucoup !), pressez le jus du citron et incorporez tout ça à la farce en mélangeant bien pour que le tout soit homogène.

Farcissez les courgettes de votre préparation, remettez-leur leurs chapeaux, et réfrigérez une bonne heure… le temps de préparer l’apéro.

Ne regardez pas dehors, servez-vous et allez déguster avec votre casque de MP3 sur les oreilles… en écoutant ça.





Allez je vous laisse je vais finir mon débardeur en crochet sous ma lampe à UV.

dimanche 4 septembre 2011

Les farcis du panier...ou le lien social 2.0


Ce n'est pas forcément que je surestime automatiquement la capacité stomacale de mes pauvres convives...
C'est bien évidemment surtout un truc de culture.

La cuisine du bassin méditerranéen, pas de scoop ici, est une cuisine familiale par excellence.

Les régions dites « latines » ont des siècles de comportement acquis quant à la nécessité pour une cuisinière de savoir faire face au débarquement de solides gaillards affamés qui il y a un moment sarclaient ensemble le champ d'à côté sous un soleil de plomb, ou pêchaient au chalutier les sardines alors innombrables de la Grande Bleue.
Gaillards qui étaient généralement les frères de la cuisinière en question, tous mariés et qui amenaient avec eux le dimanche leurs femmes très enceintes, et la nuée d'enfants poussiéreux mais hilares qui avaient précédé celui actuellement dans le tiroir.

Bien sûr cette image d'Epinal loin d'être idéalisée par ailleurs – la misère frappait fort en ces temps là, donc manger à sa faim ET en avoir à donner aux voisins c'était le luxe – n'a plus cours aujourd'hui et ce depuis un bail.

Et effectivement, je ne fais pas partie d'une tribu innombrable de frères et sœurs, mon seul lien concret avec la terre est de pester quand j'en retrouve dans mon salon parce que mes filles ont fait leur « soupe », et je ne connais pas le nom du rafiot (qui n'en est probablement pas un) qui a pêché les sardines (de plus en plus petites au fil des années d'ailleurs) achetées au supermarché.

Et pourtant cette survivance là, j'y tiens.
Parce que derrière le désir tout personnel de recréer une tribu, derrière cet amour aujourd'hui si tendance du « vieux », de « l'authentique » du « c'était mieux avant non? » (« t'as vu c'est trop vintage!! »), eh bien il y a le sentiment vrai que le lien social s'établit avant toute chose par la cuisine.

Se nourrir et surtout nourrir les autres est l'étape première de la communication, et autour d'un plat partagé se créent les affinités et les discordes (« foutrement trop salé, moumoune ») qui font, comment dire... le sel de la vie.

Quant aux origines des plats à partager, il est vrai aussi que c'est la culture des « restes » qui joue ici : ne rien gâcher, ne rien perdre, et essayer de faire du bon avec ce qu'on a sous la main, ce qui est source d'un grand dynamisme culinaire... tout comme d'un bon nombre de ratages mais ça aussi après tout ça crée du lien (« ah la dispute de 1971...! »)

Les farcis, plat ô combien de saison, rassemblent les deux caractéristiques que j'évoque ici.
On ne fait pas un seul et unique légume farci, non. Ça n'existe pas.
On fait les farcis avec les légumes de fin d'été dont on a soupé (et après un été inondé de courgettes, de poivrons et d'aubergines il faut turbiner pour trouver de nouvelles façons de les accommoder) et avec l'optique d'en distribuer autour de soi, parce que les farcis... eh bien c'est comme ça.

Ça se mange chaud, ça se mange froid, ça se mange dans une gamelle ou dans un plat, les farcis c'est tout simple, c'est pas bégueule et surtout ça se partage... eh bien les voilà.





Ingrédients (pour 8 personnes ?)
Outre celle présente de façon quotidienne dans mon salon, j'essaie de me reconnecter avec la Terre grâce à Seconde Nature pour recevoir un panier bio de saison toutes les semaines, c'est donc de là que provient la recette originelle du pâtisson farci... que j'ai un peu modifiée, puisqu'une aubergine et deux poivrons passaient par là aussi... et que les quantités... eh bien on ne pas revenir sur la question.
Mais un grand merci tout de même à Valérie pour cette excellente idée, et la découverte de ce curieux légume à la forme de courge et au goût d'artichaut! Si vous voulez voir l'original de la recette, c'est par ici...

  • 1 grosse aubergine
  • 2 poivrons rouges
  • 1 tomate
  • 1 gros oignon blanc doux
  • 2 gousses d'ail
  • 2 poignées de chapelure
  • 1 œuf
  • 2 CS de persil haché
  • 1 CS de coriandre
  • 1 CS d'huile d'olive + 1 cc de beurre clarifié (ou beurre normal)
  • 3 cc de cumin moulu
  • sel, poivre
  • 500 g de bœuf haché
  • 500 g de chair à saucisse

Après avoir lavé tous vos légumes, découpez un chapeau au pâtisson, enlevez les graines et creusez le un peu. Puis mettez le dans l'eau bouillante pour 5 minutes (j'ai mis 2 minutes seulement c'est un peu juste car la peau de ce légume est très épaisse...). Égouttez le et réservez.

Découpez un chapeau à l'aubergine (laissez lui son pédoncule c'est plus joli...). Creusez la chair sans entailler la peau, réservez la pulpe, salez l'intérieur de l'aubergine et renversez la sur du papier absorbant le temps de faire le reste...

Découpez des chapeaux aux poivrons et enlevez les pépins et parties ligneuses. Réservez.

Mélangez votre bœuf haché et votre chair à saucisse, une occasion en or de patouiller.

Hachez l'oignon avec l'ail, la tomate et la chair de l'aubergine.
Faites fondre le beurre et l'huile dans une sauteuse à bords hauts et faites revenir ce hachis à feu un peu vif pendant 3 minutes.
Ajoutez le cumin en poudre et mélangez.
Versez le mélange des deux viandes hachées et faites revenir toujours à feu un peu vif en remuant bien pour que la viande dore un peu.

Préchauffez votre four à 180° chaleur tournante.

Faites cuire environ 5 à 8 minutes, puis ajoutez la chapelure, mélangez.
Hors du feu, ajoutez l'œuf entier, puis les herbes fines hachées.
Salez, poivrez.

Puis farcissez vos légumes... et la petite cocotte violette qui se trouvait là puisqu'il y avait trop de farce pas assez de légumes.

Tassez bien, remettez les chapeaux à tout le monde et enfournez pour 30 à 40 minutes de cuisson (selon les fours).

Servez chaud, froid, mangez ça tout seul en boudant ou avec votre famille, vos voisins,vos amis.
Mais surtout, surtout. Parlez en.







PS : mais bon ne parlez pas que de la croûte du pâtisson qui est vraiment trop épaisse pour être consommée par quelqu'un d'autre qu'une chèvre... auquel cas la dispute de 1971 pourrait se voir purement et simplement détrônée.
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