Mistral Cooking

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jeudi 1 mars 2012

Brioche bulgare à la cardamome... ou un après-midi de boulange voyageuse

Cet après-midi là, j’avais envie d’ubiquité.

Être transportée dans un tourbillon à l’indienne évoqué par autant de riz épicés, de parfums enivrants, de noms enchanteurs (qui peut résister à des mots aussi exaltants que « Bangalore », « Malabar », « Kerala » ou « Jaïpur ») et de couleurs vibrantes.

Retraverser l’océan immédiatement pour évoquer la douceur d’une soirée martiniquaise, entourée par le bruissement des cannes à sucre.

Réussir le tour de force d’évoquer le souvenir à la fois des pâturages bretons et de la chaude saveur d’une cuisine maghrébine.

Et enfin finir mon périple vers des terres encore inexplorées, pour goûter une première fois au charme slave…

Cet après-midi-là, j’ai visité tous ces endroits.

En quelques heures.

J’ai épluché avec délice les gousses de ma cardamome verte, toujours aussi envoûtée par ce parfum à la fois boisé, floral et camphré qui a le don de me transporter immédiatement (eh oui je l’ai déjà dit là ou encore là).

Quand les grains ambrés de ma cassonade ont eu fini de remplir mon verre mesure, je me suis dit qu’un ti-punch pour accompagner tout ça n’aurait pas détonné.

J’ai trempé un doigt gourmand dans le lait fermenté : qu’il soit ribot ou lben, il attendait sagement d’exécuter le miracle qu’il produit irrémédiablement sur toute pâtisserie : un moelleux incomparable.

Et quand enfin il a été temps de pétrir, de malaxer, de façonner, je me suis dit qu’à l’ombre d’aussi jolies brioches en fleur, la Bulgarie devait être vraiment une terre à découvrir…

Alors un grand merci à Iza pour m’avoir ouvert la porte à un si bel après-midi de boulange voyageuse… puisque c’est chez elle que cette brioche bulgare a commencé à s’épanouir.

Et vous, vous embarquez pour où ?






Ingrédients (pour une sommité florale rassasiant au moins 5 convives)

-          500 g de farine (j’ai pris de la T65)
-          2 œufs
-          15 g de levure de boulanger
-          200 g de lait ribot à peine tiédi
-          20 g de beurre en parcelles à température ambiante
-          70 g de cassonade
-          6 à 8 gousses de cardamome verte
-          1 cc de sel
-          50 g de beurre fondu

Décortiquez les gousses de cardamome pour en recueillir les graines, et mixez ces graines dans un blender avec la cassonade pendant 5 bonnes minutes.
J’ai fait la brioche en MAP, Iza vous indique comment la pétrir à la main avec en plus les images du façonnage donc foncez la voir !

Procédez en fonction de votre MAP quant à l’ordre des ingrédients à verser, par contre réservez le beurre en parcelles : lancez le programme pâte une fois que tous les ingrédients sont réunis, laissez la pétrir quelques minutes, et une fois seulement que le pâton est formé et qu’il se tient, ajoutez alors votre beurre.

Après le temps de repos habituel, dégazez gentiment la pâte et divisez là en 16 boules de poids égal (si vous pouvez, moi je n’ai réussi qu’à en faire que 14 et c’est allé quand même).

Etalez chaque boule en disque, badigeonnez ce disque de beurre fondu, et saupoudrez le d’une rasade généreuse de sucre parfumé à la cardamome.

Puis superposez dessus un autre disque de pâte lui-même badigeonné et saupoudré, et ainsi de suite jusqu’à ce que vous ayez 4 couches de pâte (soit 4 disques… évidemment si vous n’avez que 14 pâtons, il y en aura au moins 2 qui n’auront que 3 couches de pâte… mais bon on n’est pas tous faits pareils après tout…)

Roulez chaque montage de disques en un boudin à peu près harmonieux, et découpez dans ce boudin des triangles de pâte.

Chemisez un moule à manqué de 24 cm de diamètre de papier sulfurisé, et placez y les triangles en les superposant au final puisque c’est cela qui crée l’impression « florale » de cette jolie brioche…
S’il vous reste du beurre fondu et du sucre parfumé, c’est le moment de faire un geste citoyen et de tout recycler en l’arrosant généreusement…

Laissez pousser dans un endroit chaud et à l’abri des courants d’air pendant 45 min.

Enfournez dans un four préchauffé à 180° en chaleur tournante, et laissez cuire une 30aine de minutes (à ajuster en fonction de votre four et de la coloration souhaitée de la brioche).






Après avoir dégusté cette mie filante et parfumée, je me suis dit que finalement ce n’était pas si grave qu’on soit dimanche soir ce soir là.
Parce que vous savez quoi : dès lundi, j’y retourne tout là-bas. Oui.

Il en reste plein, de la brioche.


mardi 18 octobre 2011

Cake café, cardamome, amandes... ou le déni du principe de réalité


Il n'y a probablement rien de plus désespérant que de terminer un repas sur la lavasse généralement servie sous le nom d'emprunt de « café » circulant en vente libre dans une bonne majorité des restaurants et la totalité des distributeurs automatiques de boissons de France, de Navarre et d'ailleurs.
Au lieu de la promesse alléchante d'un goût puissant et corsé, d'un parfum envoutant qui vous fera passer un moment « try to remember » en entamant une valse avec Georges C., cet ersatz dissout jusqu'à plus soif toutes les saveurs des plats précédemment ingérés dans une avalanche d'insipidité affligeante et sous l'odeur âcre d'un truc vaguement brûlé (du pneu?).
Et pourtant j'y retourne, encore et toujours. Au lieu d'apprendre sagement ma leçon et de renoncer, je tente à chaque fois, avec à l'esprit ce stupide espoir de tomber sur un café, un vrai.
Un café comme un café turc, par exemple.
Brûlant, fort, sucré... et délicieusement parfumé à la cardamome.


Le café et la cardamome, c'est presque le yin et le yang tellement ils sont à la fois opposés et complémentaires : l'âcreté du café répond à la volatilité du parfum de l'épice, et leurs saveurs se mêlent en un mariage qui n'a rien de platonique.

Au nom de tous ces rendez-vous manqués avec le café de mes rêves à la fin des repas (ou du moins un qui soit digne de ce nom), il fallait bien un remède. Une petite vengeance. Comme je ne peux pas emporter ma cafetière (turque ou cloonesque selon mes envies) partout où je vais, le cake qui est né de cette frustration là, je vais me le trimballer... pour le goûter.
Un cake café, cardamome et amandes (Méditerrannée addict, sors de ce corps), donc.
Ou un bel exemple de déni puéril du principe de réalité... 





 


Ingrédients (pour 6 personnes)

  • 110 g de farine T45
  • 50 g de farine complète (T110 ici)
  • 100 g de poudre d'amandes
  • 2 gros œufs (environ 100 g donc)
  • 115 g de sucre fin
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 1 sachet de levure chimique
  • 1 petit expresso bien serré
  • 2 cc de café lyophilisé
  • 200 ml de buttermilk (lait fermenté, ribot, lben, etc...)
  • 60 g de beurre fondu
  • 9 gousses de cardamome verte
  • Quelques amandes entières mondées

Battez les œufs et les sucres dans un saladier jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
Ajoutez le buttermilk, le café et les cc de café lyophilisé et mélangez énergiquement en pensant à tous les mauvais cafés du Monde.

Faites fondre le beurre et réservez. Préchauffez votre four à 170°.

Dans un autre saladier mélangez les deux types de farine, la poudre d'amandes et la levure chimique.

Écrasez les gousses de cardamome avec ce qui vous passe sous la main (sauf la tête de votre conjoint je ne veux pas être taxée d'incitation à la violence, buvez un café plutôt) pour en extraire les graines et ajoutez les au mélange précédent.

Puis incorporez progressivement en mélangeant bien la farine dans le saladier œufs+sucre jusqu'à ce que l'appareil soit homogène. Finissez par y incorporer le beurre fondu et retouillez un coup.

Versez le dans un moule à cake beurré, posez par dessus les amandes mondées en décor et enfournez pour 50 min de cuisson (surveillez le, quitte à mettre un peu d'alu sur la fin pour qu'il ne colore pas trop).





Servez pour le gouter, pour le petit déjeuner, pour après la raclette, bref pour tous les moments où votre corps hurle « café »...
Certes légèrement plus calorique que le p'tit serré au bar du coin.
Mais il paraît qu'on ne jongle pas impunément avec le principe de réalité.
A ce compte là, la punition semble faire partie du principe de... plaisir.
Le yin et le yang j'vous dis.

jeudi 30 juin 2011

Confiture de cerises à la cardamome... ou l'éloge d'un autre temps

Longtemps je n'ai pas bien saisi tout le bonheur qu'il peut y avoir à faire ses confitures maison, quand on a une certaine « maman » qui se prétend bienveillante à portée de mains dans les rayons...

Puis en vieillissant grandissant, j'ai enfin compris... d'abord par petites touches.

Une vieille bassine en cuivre que je trouvais si belle et qui se transmet de générations en générations. Et son sosie qu'on a chiné pour moi par amour sur une brocante, pour que moi aussi, je transmette.

L'arôme entêtant des fruits qui cuisent lentement, qui embaument la maison comme si l'air ambiant était chargé de l'odeur lourde et sucrée de l'été.

Et le temps.

Le temps qu'on y met. Acheter les fruits sur le marché. Les préparer. Les faire macérer.

Le temps qu'on y prend, qu'on peut prendre cette fois ci, puisque les confitures c'est l'été qu'on les fait. Et l'été c'est les vacances.

Le temps qu'on y gagne, une fois l'été passé : quand on ouvre le pot et que reviennent en foule les souvenirs des après midi délicieux, où tout le monde s'y mettait, jeunes et moins jeunes, à qui lavait, équeutait, cuisait...
Une main potelée qui essaie de s'y tremper dès la fin de la cuisson, retenue de justesse pour ne pas se brûler.

Dans notre monde où tout doit aller vite, plus vite, l'art de la confiture c'est de prendre son temps.
En mémoire d'un autre temps justement, où confiturer était une nécessité plus qu'un loisir.


Par contre, le plaisir d'offrir un pot, lui reste le même.
Preuve indéniable que le temps ne fait définitivement rien à l'affaire. Dans tous les domaines.

Ingrédients (pour 2 pots ici, mais j'avais vraiment pas beaucoup de cerises...)

  • 400 g de cerises dénoyautées
  • 400 g de confisuc (sucre spécial confitures pour les fruits pauvres en pectine comme la cerise.)
  • 15 gousses de cardamome verte (il faut savoir que je suis un peu extrême quant aux épices, mettre 7 à 8 gousses seulement pour un goût un peu moins « hot »...)
  • 1 gousse de vanille
  • un peu de temps devant soi


Mettez les cerises et le sucre dans une bassine, une casserole, ce que vous avez sous le coude pourvu que ce soit un bon conducteur de chaleur.
Mélangez un peu, ajoutez la gousse de vanille grattée, et les graines de cardamome (il faut ouvrir les gousses au pilon ou au couteau et écraser un peu les graines pour qu'elles libèrent tout leur parfum).

Laissez macérer le mélange quelques heures au soleil ou dans un coin chaud de la maison.

Mettez sur le feu et portez à ébullition.
Lorsque ça bout à gros bouillons, comptez 6 à 10 minutes de cuisson, en mélangeant très souvent.
Faites le test de l'assiette froide : vous faites tomber une goutte du mélange sur une assiette mise au frigo pendant 10 min, et vous inclinez l'assiette. Si la goutte roule immédiatement, c'est pas prêt. Si elle forme une belle boule ronde qui se tient même inclinée, c'est bon.

Libre à vous de ne pas utiliser du sucre spécial confitures, il faudra juste rajouter un gélifiant : agar agar, pectine naturelle, etc...

Une fois la confiture cuite, mettez en pot, fermez les couvercles, et retournez les encore brûlants.
Laissez reposer.
Le temps qu'il vous ira.



Parfum de la cerise, note chaude et épicée de la cardamome, un beau mariage qui vous donnera envie de prolonger vos petits-déjeuners.

Et pour finir, je laisse tout de même la parole à Georges, qui nous parle lui d'une autre forme de transmission...
N'y voyez surtout pas une insulte sous-jacente hein, juste une grande envie de retrouver la verve... d'un autre temps.
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