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jeudi 10 novembre 2011

Flognardes aux poires et verveine

Aux lueurs d'un soleil couchant d'automne, on a fait comme si on pouvait encore goûter dehors...

La verveine est pour certains d'entre nous un parfum délicat mais suranné, elle évoque les souvenirs affectueux d'une grand mère qui préparait la tisane, dans sa maison du Berry...

Un rituel vieux comme le Monde ça la tisane.

Quelques feuilles séchées, l'eau chauffée au coin du poêle, on se blottit le temps de siroter ce bol fumant où est plongée bien évidemment une grande cuillerée de miel...

C'est d'ailleurs pour ça qu'on l'aime, enfant, la tisane.

Bon on n'est plus des enfants depuis un bout de temps, mais le goût de la verveine est resté...

Et l'envie de l'accompagner de réconfort, de sucré, de collant, de chaleur... en somme une envie d'antan.

Donc quoi de mieux pour assouvir cette envie qu'un dessert d'antan également, un dessert en 2 coups de cuiller à pot, de ceux qu'on fait avec ce qu'on a sous la main, sans même y réfléchir...

Une petite flognarde.
Entendons nous bien, amis du Limousin qui me lisez, nulle prétention d'avoir la recette originelle ici, flognarde est utilisé ici comme terme très générique.

Parce que c'est joli comme mot, et que ça fait très automne...
Parce que ça m'évoque la rusticité qu'on attend d'un dessert authentique.
Et surtout parce que quand je dis clafoutis, je vois des cerises.
Et des cerises ici, que nenni.

Bref, une flognarde, un flan, un clafoutis.
En tout cas c'est aux poires, à la verveine, et ça a fait du bien.





Ingrédients (pour 4 petits ramequins, eh oui pour une fois j'ai cuisiné serré...par manque de poires!!)

  • 200 ml de lait
  • 1 belle poignée de verveine
  • 1,5 CS de sirop d'agave (mais du miel n'aurait pas dépareillé bien entendu...)
  • 2 CS de cassonade
  • 4 CS de farine
  • 4 œufs (ou 3 s'ils sont très gros)
  • 2 poires (ici des Alexandrine bio, sucrées à se damner...)

Faites infuser la verveine dans le lait sucré au sirop d'agave et chauffé à la casserole pendant une bonne dizaine de minutes.
Pendant ce temps, préchauffez votre four à 170° C et battez les œufs entiers avec les CS de cassonade.
Versez le lait tiédi sur l'appareil en remuant vivement, puis incorporez votre farine et mélangez bien.

Épluchez vos poires, coupez en une en petits dés, l'autre en quartiers. Disposez quelques dés de poire ainsi qu'un quartier au centre des ramequins. Versez l'appareil délicatement et enfournez pour 20 min de cuisson.





A déguster tiède ou froid, avec une verveine une vraie.
Sucrée au miel bien entendu.
Et tellement brulante au début qu'on ne peut pas envisager de la boire.
Pas grave, elle nous laissera le temps d'évoquer la maison du Berry.

Edit du 19/11 : Suite à la gentille invitation de Lizon, je participe avec cette recette au concours organisé par Cuisicook en partenariat avec Frédérique Chartrand du superbe blog Biorecettes...

mercredi 24 août 2011

Une tarte à la tomate...ou 35 ans de bonheur palatin

Dans chaque famille, il y a des jours fondateurs, de ceux qui se marquent d'une pierre blanche et qui continuent à laisser des traces en nous bien après avoir fanés.

Ce sont ces jours qui créent l'histoire, la petite bien sûr, ce sont ceux dont sont faits les meilleurs souvenirs et qui si on a de la chance, peuvent se laisser recréer au gré de nos envies.
Les recettes familiales sont en parties faites de ce bois là.

Et quand on a encore plus de chance, on peut se souvenir précisément de la date où ces recettes sont entrées dans notre panthéon personnel pour ne plus jamais en ressortir. Tellement mises et remises sur le métier qu'elles en sont devenues nôtres.

Cette tarte à la tomate là, elle est entrée dans notre famille il y a 35 ans, 2 mois et 3 jours.

Une date retenue bien sûr vous vous en doutez grâce aux meilleurs des moyens mnémotechniques que la Nature ait pu inventer : la naissance de quelqu'un...
(on s'en rappelle car bien sûr « le bonheur tout ça bla bla »... et notre inconscient moins politiquement correct se rappelle également que quelqu'un a douillé fort ce jour, et que c'était pas nous! Ouf.)

Évidemment cher lecteur, il ne s'agit pas de ma naissance à moi, quelle idée... Moi je viens de fêter mes 27 printemps. Pour la 4ème fois.

Mais bon bref, toujours est il que quelqu'un par chez nous est né ce 21 juin 1976. Et que LA tarte à la tomate a fait irruption dans nos vies.

Depuis beaucoup d'eau et encore plus de pétrole a coulé sous les ponts, nous sommes entrés dans une nouvelle ère de grand n'importe quoi, mais LA tarte à la tomate elle, est toujours là.

Elle nous a accompagné tous les étés, pour les piques niques, les buffets, les soirées entre potes bien arrosées, elle est devenue la meilleure amie des étudiants de la famille qui n'avaient que des tomates de décembre, de la pâte feuilletée ED et un four pourri, mais bon ça marche aussi.

Elle a été l'amie fidèle de jeunes mères esseulées qui n'avaient que ça à becqueter dans le frigo entre deux tétées.

Elle est enfin devenue la recette de la benjamine de la famille lorsqu'elle reçoit du Monde, dans son nouvel appartement un peu à elle (et beaucoup à lui aussi, je ne t'oublie pas cher C...).

Que de chemin parcouru avec nous.
Que de tentatives pour la réinventer à chaque fois.

Et là où l'on voit que ça y est, elle est vraiment de la famille, c'est que quoi qu'on lui fasse subir, elle ne nous déçoit pas.

Donc par exemple ici, dans un de ses nombreux avatars, elle a été réalisée avec la pâte de Catherine Kluger de l'Atelier Tarte, pêchée ici, de la moutarde à l'ancienne, de la scamorza, des tomates du potager (mélange cerises et classiques), et mon nouveau moule rectangulaire à fond amovible qui me plaît tellement que j'ai envie de m'écrier hystériquement « Kawaï! » dès que je l'aperçois (oui, je suis très mûre pour mes 27 ans).






Pas de surprise.
C'était bon. C'était Elle. La tarte à la tomate de la famille M.
Et celles de bien d'autres avant nous et après nous.

Ingrédients (pour 5 personnes, oui mon moule est formidable mais je le trouve un peu petit pour mes repas gargantuesques)

La pâte :
  • 200 g de farine (T55 ici)
  • 90 g de beurre froid
  • 1 oeuf entier
  • 20 g d'eau froide
  • 2 cc de cumin en poudre

La garniture :
  • une boule de scamorza (non fumée ici, mais avec de la fumée ce doit être fabuleux aussi)
  • 3 tomates
  • 2 ou 3 poignées de tomates cerises
  • QS de moutarde à l'ancienne
  • 1 CS d'origan

Versez la farine dans un saladier. Ajoutez le cumin et mélangez. Coupez le beurre en petites parcelles et mélangez le du bout des doigts à la farine jusqu'à former un sable doux et humide.
Battez l'œuf entier avec l'eau et incorporez le liquide progressivement tout en imitant avec votre main le mouvement d'un robot pétrisseur (vous tournez quoi...)
Lorsque la pâte se rassemble et se met en boule autour de votre paluche, filmez là et mettez au frigo pendant une bonne heure (surtout s'il fait chaud).

Au bout du temps réglementaire imparti, sortez la pâte et foncez la dans le moule de votre choix (kawaï).

Préchauffez votre four à 200° chaleur tournante.

Tartinez généreusement la pâte de moutarde, puis déposez y des lamelles de scamorza un peu épaisses jusqu'à en recouvrir totalement le fond de tarte.
Découpez vos tomates en lamelles un peu épaisses et disposez les sur la tarte, complétez les trous avec les tomates cerises (vous pouvez même laisser les queues ça fait super kawaï hype, oui j'ai beaucoup de super über vocabulaire pour mes 27 ans).

Saupoudrez la tarte avec la CS d'origan.

Enfournez pour 10 minutes puis baissez la température à 180° pour 20 à 25 minutes de cuisson supplémentaires.

Sortez du four, laissez la un peu refroidir pour que l'eau résiduelle de cuisson des tomates s'évapore (quitte à la refaire tiédir après pour le service), et dégustez...
En famille.




Un petit mot supplémentaire sur la scamorza.

Pour ceux qui s'interrogent allez voir par ici.
En ce qui me concerne, je préfère voir cette petite merveille de fromage comme la parente pauvre de la mozza, celle qui a raté le coche.
Bref, celle qui gagne à être connue.
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