Mistral Cooking

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jeudi 26 juillet 2012

La focaccia, Toto Cutugno et moi...

Ne dites pas non, vous avez souri.

Il en va des chansons populaires comme des souvenirs gustatifs de l'enfance : quelles qu'en soient leurs véritables qualités (organoleptiques ou musicales), ce seront ceux là que nous nous en entêterons à aimer envers et contre tout.

La chanson de TotoCutugno ne fait pas exception.

C'est toujours celle là que vous chanterez à tue tête dans votre fiat 500 (oui je sais c'est une obsession, mais pour moi qui n'ai qu'un Berlingo, certes prénommé Georges, on fantasme comme on peut), les yeux levés vers le soleil couchant en filant à toute allure vers un autre de ces apéros orgiaques dont seuls les vrais amis ont le secret...

Le pastis frappé et le rosé glacé couleront à flots, et c'est les yeux brillants du plaisir de se retrouver et la voix rauque d'avoir déjà tant fumé, que vous déposerez votre contribution au buffet...

Rebondie, dorée, si parfumée...

C'est auréolée d'une envie assumée d'Italie que ce soir, la focaccia encore tiède que vous aurez apporté vous plongera avec délice dans l'époque où il suffisait d'enchaîner les belles soirées d'été comme celles-ci pour se croire tout à la fois invincibles, immortels et omnipotents.

Alors, fermez les yeux, inspirez un grand coup et lancez vous avec moi : « Lasciatemi cantare... con la chittara in mano... »






Ingrédients (pour 2 focaccias d'une vingtaine de cm de diamètre, ce qui fait que 5 personnes affamées par une alcoolisation débutante peuvent sans problème s'en repaître)

  • 230 ml d'eau
  • 40 ml de vin blanc sec
  • 1 ½ cc de sel
  • 1 CS d'huile d'olive
  • 450 g de farine T55 (j'en avais plus j'ai mis un mélange de T45 et de T65, ça marche aussi)
  • 15 g de levure fraiche de boulanger (la recette originale donne 1 ½ cc de levure déshydratée, mais je préfère toujours la fraiche)
  • Fleur de sel
  • Huile d'olive

  • Pour la garniture :
  • 2 tomates bien mûres type Marmande
  • 100 g d'olives noires
  • 1 gousse d'ail
  • de l'origan séché (ou un mélange d'herbes de Provence)

Mettez tous les ingrédients dans la cuve de la MAP, et sélectionnez le programme pâte seule.

A la fin du programme (et donc ici de la 1ère levée), versez la pâte sur un plan de travail fariné. Divisez là en 2 pâtons, formez des boules que vous aplatirez du plat de la main. Déposez ces boules sur une plaque de cuisson huilée, huilez également les pâtons et filmez les.

Laissez lever à nouveau à l'abri des courants d'air jusqu'à ce que la pâte double de volume (en ces temps de canicule ça peut prendre 1h seulement, en général et par temps frais comptez 1h30 à 2h)

Préparez la garniture pendant la 2ème pousse : découpez vos tomates en petits dés irréguliers, et les olives noires en rondelles. Pelez, égermez la gousse d'ail et taillez la finement.
Mélangez les tomates, l'ail et les rondelles d'olive dans un saladier, et versez un filet d'huile d'olive sur le tout.

Préchauffez votre four à 230°. Retirez le film alimentaire et enfoncez vos doigts sur toute la surface de la pâte pour former des creux.

Déposez dans ces creux votre garniture, saupoudrez d'origan, parsemez de fleur de sel toute la surface des focaccias et enfournez pour une vingtaine de minutes.

Laissez refroidir sur une grille après cuisson, juste le temps que vous ne vous bruliez pas en mordant dedans à pleines dents...





A accompagner de bons amis le temps d'une soirée qui n'en finit pas.

Je vous laisse, Toto m'appelle et je ne peux plus résister...

Pour une autre recette de Focaccia, qui cette fois tirait vers le Liban, c'est par là !




mardi 4 octobre 2011

Chili con carne en vert et blanc... pour en finir avec le rouge et le noir !

Il est de certaines associations qui nous collent à la peau sans même qu'on s'en rende compte : costard-cravate, vanille-fraise, roméo-et-juliette...

Associées parce qu'elles étaient faites pour se rencontrer, elles finissent par tellement nous enferrer dans leurs clichés qu'elles causent notre perte.

Quel businessman n'a jamais rêvé d'aller au boulot en short et tongs (casual friday mon amour)? Quelle petite fille devenue grande n'a pas amèrement regretté tous les parfums manqués de la vie quand elle s'est aperçue à quel point elle commandait automatiquement du bout des lèvres une vanille-fraise, comme une vieille rengaine plus qu'usée?
Combien d'années passées à chercher dans la vraie vie une romance digne des Montaigu et des Capulet (dirty ending excepté) pour finir par se rendre compte, accoudée à un bar de speed dating à 19h30 un lundi, que Shakespeare se fout de la gueule du Monde depuis plusieurs siècles en toute impunité?

Certaines de ces associations sont tellement perverses qu'elles finissent par en devenir des malédictions.

Le rouge et le noir en est une.

Regardez ce qu'il est advenu de Julien? Ou encore de Jeanne?

A trop jouer avec le feu, on finit donc par se brûler, et à l'heure de réaliser un chili con carne, une peur superstitieuse m'a brutalement saisie.

Alors pour lever l'anathème, il était temps de lui donner d'autres couleurs.

Voilà donc sans plus de conneries attendre, un chili con carne en vert et blanc... pour rompre le charme !




Ingrédients (pour 6 personnes à l'aise blaise...)

  • 600 g de veau haché
  • 750 g de haricots blancs en conserve
  • 1 gros oignon blanc
  • 1 oignon vert frais avec sa tige
  • 1 CS d'huile d'olive
  • 2 gousses d'ail
  • ½ piment vert doux
  • 2 cc de chili en poudre (composé de : piment fort, paprika, ail, cumin, origan, girofle)
  • 1 cc de cumin moulu
  • 600 g de tomate ananas (la très grosse tomate toute jaune bien charnue, une m'a suffi pour atteindre les 600 g c'est vous dire)
  • 1 verre d'eau (environ 200ml, mais c'est plus au jugé qu'autre chose)
  • 1 cube de bouillon de légumes
  • Sel, poivre
  • QS de persil haché (ou toute autre herbe fraiche à votre convenance, perso je suis souvent coriandre addict... Mais pas là. Tu sais le truc habituel, « bien souvent femme varie... »)

Faites revenir les oignons hachés sans coloration dans l'huile d'olive dans une grande cocotte à fond épais. Ajoutez l'ail haché et laissez le exhaler son parfum... Puis ajoutez y le veau haché et faites dorer à feu assez vif, pendant quelques minutes.
Rajoutez les épices (chili et cumin), le piment coupé en petits morceaux, mélangez puis incorporez les haricots blancs égouttés.
Mélangez rapidement à nouveau puis couvrez du jus et de la pulpe de la tomate mixée au blender, et rajoutez le verre d'eau et le cube de bouillon émietté pour compléter afin de bien pouvoir mouiller à hauteur des ingrédients.
Laissez mijoter à couvert pendant une trentaine de minutes à feu moyen, en remuant de temps en temps pour que ça n'attache pas.

En fin de cuisson, salez et poivrez à votre goût.

Au moment de servir, versez le persil haché dans les portions individuelles et mélangez, puis dégustez fumant et en savourant chaque salve délicate du piment...




Parce que oui, un chili en vert et blanc, c'est donc pas rouge comme son nom l'indique, mais ça pique quand même.
Mais bon grâce à lui, j'ai tout de même exilé ma peur.
Et c'est déjà beaucoup.

samedi 21 mai 2011

Salade anglaise à l'italienne, ou quand la Méditerrannée ne veut pas lâcher prise...

La Méditerranée, quand vous l'avez dans la peau, vous êtes cuits, elle ne vous lâchera pas...

Même après des années de polissage, de métissages divers et variés, elle aura toujours tendance à resurgir... que vous le vouliez ou non.

Dans votre capacité limitée à supporter les chocs thermiques (soit passer un hiver à Paris ou Lille, ou passer l'hiver tout court), dans votre langage qui fleurit brusquement dès que l'on vous met derrière un élément motorisé quel qu'il soit, dans la façon d'évoquer ces « roses jaunes » pas tout à fait pareil qu'ailleurs, dans une certaine tendance à la mauvaise foi que vous essayez de combattre mais il est dur d'éradiquer le Mal à la racine...

Et dans votre cuisine bien entendu.
Vous luttez pour ne pas inonder le Monde de basilic et d'huile d'olive, pour ne pas vous gaver de burrata et de yaourt à la grecque dès que vous en trouvez des vrais, et il vous faut une grande force de caractère pour ne pas incorporer à tous vos gâteaux de la poudre d'amandes, de la cannelle, des figues ou des dattes.

Mais parfois le combat est perdu, parce que vous avez relâché l'attention juste un moment et que ça a suffi.
Ici ca a été le coup de Jarnac de la Botte.

Une salade anglaise.
J'avais tout dans mon frigo, 4,3,2,1 partez aujourd'hui c'est British Day.

Sauf que non.
En chemin, j'ai du manquer un virage, j'ai atterri bien plus au Sud. Encore une fois.


Bon au final c'est pas mal non plus, une salade anglaise à la méditerranéenne. La mondialisation qu'ils appellent ça.
Yummy mama!

Ingrédients (pour 4 personnes, en plat principal)

  • 350 g de lentilles blondes
  • 200 g de garden peas surgelés(les gros petits pois de chez Picard!)
  • 8 tranches de bresaola
  • 150 g de fêta
  • 1,5 CS d'origan
  • Quelques feuilles de basilic hachées
  • 3,5 CS de vinaigre balsamique
  • 2 cc de moutarde à l'ancienne
  • 1,5 CS d'huile d'olive
  • Sel, poivre

Faites cuire les lentilles blondes pendant 35 min dans l'eau bouillante non salée, égouttez et rafraichissez les, puis réservez. Faites cuire les petits pois pendant 7 min dans l'eau bouillante, et passez les sous l'eau froide immédiatement après pour qu'ils restent bien verts.

Une fois que les légumineuses sont prêtes, mélangez dans un grand saladier les lentilles et les petits pois. Rajoutez la fêta coupée en dés, et la bresaola coupée en fines lamelles.
Saupoudrez le tout de l'origan et du basilic haché.

Dans un bol à côté, mélangez le sel, le poivre et la moutarde avec le vinaigre balsamique.
Puis émulsionnez énergiquement avec l'huile d'olive.
Versez la sauce dans le saladier et remuez délicatement.

Réservez au frais une petite demi-heure pour que les parfums aient le temps de se développer.

Une salade à la fois rafraichissante et roborative. Mais surtout tellement diététiquement correcte qu'elle vous permettra sans vergogne de vous servir deux fois du dessert...

Oui vous savez le dessert, du tiramisu aux spéculoos et au golden syrup.
C'est ça qui est bien avec la mondialisation, c'est que ça marche dans les 2 sens.
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