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dimanche 11 décembre 2011

Cake d'hiver : pommes, noisettes et abricots secs

J'aime pas l'hiver.

Mais étrangement qu'est ce que j'aime la somme de ses composants...

Se gaver de chocolat chaud le week end parce qu'il fait froid ET nuit à 17h00, quelle horreur, ça mérite bien ce type de réconfort...

Faire une cure d'oranges et surtout de clémentines, parce qu'elles nous avaient trop manqué depuis le temps des pêches et des abricots, et puis qu'est ce que c'est bon ce halo parfumé d'agrumes qui traîne dans la maison de novembre à février...

Décliner la pomme à toutes les sauces, parce qu'elle et nous on est là seul à seul pour un bout de temps et qu'il n'y a qu'en hiver qu'elle se pare du plus grand réconfort avec son côté tradi et terroir comme on n'en fait plus...

Et enfin faire l'écureuil en amassant les fruits secs de tout côté de peur qu'on vienne nous les piquer quand on en aura le plus besoin, c'est à dire le matin au petit déjeuner, mal réveillé et juste avant d'aller gratter la voiture perdue dans le brouillard et les restes de la nuit.

Ce cake d'hiver là a donc tout pour me plaire, pour me faire penser à ce que j'aime dans cette saison ensommeillée et frileuse plutôt qu'à ce que je cherche à fuir à tout prix.

Le réconfort de la pomme cuite, le moelleux de l'abricot sec qui appelle des jours plus chauds, le fondant chaleureux de la vergeoise brune qui me parle d'un ailleurs où il fait plus froid encore, et le croquant de la noisette pour me rappeler que finalement même en hiver, il y a des choses à garder... pour peu qu'on aime manger.

Ouf on est sauvés.





Ingrédients (pour 5 à 6 personnes)

  • 250 g de farine avec poudre levante incorporée
  • 130 g de beurre très pommade
  • 120 g de vergeoise brune
  • 70 g d'abricots secs
  • 80 g de noisettes grossièrement concassées
  • 1 pomme (ou 2 si elles sont petites)
  • 2 oeufs
  • 80 g de lait

Préchauffez votre four à 180°.

Battez au robot à vitesse le beurre très mou avec la vergeoise jusqu'à ce que le mélange soit crémeux. Dans un ramequin à part battez les œufs avec le lait puis versez ce mélange en filet dans le robot en marche lente. Augmentez ensuite la vitesse jusqu'à ce que le tout soit homogène (au début ça peut faire des grumeaux de beurre pais il faut persévérer...).

Détaillez les abricots secs en petits morceaux, concassez les noisettes grossièrement et détaillez la pomme pelée en petits cubes, puis mélangez les 3 ingrédients ensemble et réservez.

Incorporez la farine à vitesse lente dans le robot puis versez les fruits et fruits secs pour terminer, la pâte est épaisse et collante c'est normal.

Beurrez un moule à cake de 1 litre puis versez y l'appareil et enfournez pour 50 minutes de cuisson.

A la fin du temps imparti sortez le cake et laissez le refroidir une dizaine de minutes avant de le démouler, il peut être un peu fragile...




Comme nous en hiver.
Heureusement on a de quoi se réconforter.


lundi 24 octobre 2011

Gratin dauphinois de patates douces au lait de coco


Nous nous enfonçons lentement dans l'automne et ses pelles de feuilles mortes, et avec ce sentiment vient le besoin de plus en plus pressant de se réchauffer, en se lovant dans une couette, en se collant au radiateur, ou en cuisinant des plats traditionnels, de ceux qui brulent le palais en nous apportant le réconfort dont nous avons besoin.


Le gratin dauphinois est de ceux là.


Dès les premiers frimas, imaginer ces couches de pomme de terre fondantes et crémeuses comme un rempart au blues de l'automne est un remède des plus classiques.


Mais parfois, il est bon de secouer un peu ses classiques...
Aussi lorsque Cuisine AZ a lancé le défi à quelques blogueurs de revisiter les grands classiques de la cuisine, le gratin dauphinois a été un de mes premiers choix.
Celui ci a pris un côté zazou en se parant de patates douces, de lait de coco et de coriandre.
Mais le réconfort du plat mijoté lui demeure inchangé.
Et la gousse d'ail avec laquelle on frotte le plat est elle aussi restée, parce que, soyons sérieux... Un dauphinois sans gousse d'ail ça n'est pas un dauphinois...!




Ingrédients (pour 6 personnes)
  • 1,2 kg de patates douces bien fermes
  • 300 g de pommes de terre à chair ferme (type Rosenval)
  • 200 ml de crème de coco
  • 1 gousse d'ail
  • 1 L de lait entier
  • 2 CS de Coriandre hachée (surgelée)
  • 1 cc de muscade moulue
  • Sel
  • Poivre

Éplucher les patates douces et les pommes de terre à l'économe, les rincer à l'eau courante et bien les essuyer.
Éplucher la gousse d'ail et la couper en 2
Détailler en lamelles moyennes les patates douces et les pommes de terre.
Mettre le lait et la crème de coco dans une casserole (ou dans un saladier pour le faire au micro ondes) mélanger au fouet, verser la coriandre, la muscade, le sel et le poivre et laisser réchauffer doucement pour que les herbes et les épices infusent.
Préchauffer le four à 200°
Frotter le plat à gratin de la gousse d'ail épluchée.
Disposer une première couche de patates douces sur le fond du plat à gratin, salez légèrement, disposez ensuite une couche de pommes de terre, salez également et ainsi de suite jusqu'à épuisement des ingrédients.
Verser le lait chaud en pluie sur le gratin, afin que tous les ingrédients soient correctement immergés (ne pas hésiter à tasser un peu sur les lamelles pour qu'elles baignent bien !)
Enfourner pour une heure et demie de cuisson.

Servez avec une belle pièce de viande type filet, juste saisie à la poêle.
Ce gratin supporte bien le réchauffage.
Et ça tombe bien parce que du réchauffage, c'est précisément ce qu'on lui demande....



Je m'en vais frissonner plus loin en pensant à tous les autres plats réconfortants de cet automne à venir.
Y a du boulot.



mardi 9 août 2011

Minestrone d'été... ou "back to basics" désabusé

En ces temps troublés mâtinés de météo maussade, de krach boursier, de scandales sexuels, d'émeutes et de pertes de repères généralisés, il est bon de tenter de revenir à la base, au sécurisant, à ce qui a fait ses preuves depuis des décennies et qui semble fait pour durer.

Il est toujours étonnant de voir la génération des Baby Boomers qui nous gouvernent ahurie par ce qu'ils considèrent comme un retour en arrière qui les laisse pantois : la tendance qu'ont leurs enfants et les générations suivantes à se tourner avec espoir vers ce qu'eux mêmes avaient rejeté avec violence.

A qui la redécouverte du tricot, de la couture, le potager sur une jardinière Place de la République, les paniers paysans, les plats canailles et mijotés, l'allaitement, la tendance Mad Men, j'en passe et des meilleurs.
En bref ce que les soixante-huitards à l'époque où ils avaient des cheveux (beaucoup), pas de bide (du tout) et aucun siège à l'Assemblée considéraient comme le comble du ringard, les perfides fondations d'un carcan conservateur et dépassé qui empêchaient la réalisation de soi.

Et là stupeur, leurs enfants chéris embrassent avec ferveur ces réminiscences d'un autre temps, d'un autre siècle (eh oui finalement).

Moi je n'y vois rien que de très logique.

Entre le spectre de Lehman Brothers 2, le retour du retour et une recette de soupe paysanne de mama italienne, maintes et maintes fois éprouvée, un peu old fashion sur les bords qu'est ce qui a le moins la gueule d'un croquemitaine ?

Bon ben voilà c'est tout.

La soupe repas c'est plus qu'un concept, c'est un art de vivre finalement : les produits frais, place aux légumes, le plat roboratif, nourrissant et complet de quand on avait pas grand chose d'autre à becqueter et surtout pas des desserts industrialisés, bref c'est autre chose que juste une façon un peu désuète de cuisiner.

Alors même si effectivement nous n'avons pas tous forcément de potager, que les légumes du jardin viennent de chez Mr P., que le parmesan et les pâtes ont été importés, qu'on est en août et que normalement on devrait pas avoir à manger de la soupe, ce « back to basics » là il fait quand même du bien.






Un peu comme une veilleuse la nuit quand on a peur.
Pour la fameuse génération X (et les suivantes) à qui l'on a si souvent reproché de ne pas vouloir grandir (en avaient elles la place?), moi je trouve ça d'une logique à toute épreuve. Ainsi que d'une ironie mordante.

Mais veilleuse ou pas, ce qui compte, c'est de ne plus avoir peur non?

Ingrédients (pour une très grande tablée, ou alors grâce au Progrès et au dieu Congélateur pour plusieurs repas).

  • 4 courgettes assez grosses
  • 3 tomates
  • 200 g de haricots verts (ici surgelés)
  • 200 g de haricots beurre (ici surgelés)
  • 250 g de petit pois (ici surgelés)
  • 2 oignons frais
  • 2 gousses d'ail
  • du bouillon de légumes ou de volaille (maison ou cube c'est vous qui voyez, selon votre degré de crise d'adulescence envers nos Pères)
  • 300 g de macaronis
  • QS de parmesan râpé (pour servir)
  • 1 croûte de parmesan frais si vous avez
  • 2 CS d'huile d'olive
  • QS de basilic haché (pour servir)

Émincez les oignons et l'ail, et faites les revenir sans coloration dans 1 CS d'huile d'olive dans un grand faitout.
Découpez les courgettes en cubes assez gros ainsi que les tomates.
Coupez les haricots verts et beurre en tronçons moyens.
Ajoutez d'abord les courgettes dans le faitout, enrobez les bien de matière grasse en les faisant légèrement revenir, puis ajoutez les deux sortes de haricots.
Couvrez de bouillon à hauteur, puis ajoutez les tomates, la croûte de parmesan et 1 CS d'huile d'olive en filet . Salez et poivrez, puis mettez le couvercle et faites mijoter une vingtaine de minutes.

Ajoutez ensuite les petits pois, faites cuire une dizaine de minutes supplémentaires, puis versez les pâtes et laissez cuire le temps indiqué sur le paquet.

Au moment de servir, retirez la croûte de parmesan, et rajoutez dans chaque bol du parmesan râpé et du basilic haché.




Servez chaud, serrez le bol dans vos mains avec un sourire las, et pensez jusqu'où sont capables d'aller les enfants de tous âges pour faire enrager leurs parents.
Ils n'apprennent jamais. Vraisemblablement.

Pour une autre soupe repas tout aussi réconfortante, vous pouvez aussi aller faire un tour ici.

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