Mistral Cooking

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lundi 24 février 2014

Tatin de coings confits à la vanille et à la menthe... ou l'éloge de la persévérance !

La persévérance c'est elle qui domine le Monde.
Et pas la main sur le berceau comme vous le pensiez. (oui moi aussi je croyais hein, mais ça c'est avant d'avoir des enfants, parce que là on sait que c'est pas la main qui est sur le berceau qui domine, c'est ce qui est dedans).

La persévérance c'est ce qui vous permet de supporter en silence les joies et bonheurs de l'accouchement dans la dignité comme ici (allez voir je vous en supplie, ça vous fera tellement de bien) afin de pouvoir entamer votre nouvelle vie de parents responsables.

La persévérance, c'est ce qui vous permet de venir à bout d'un puzzle de 1250 pièces façonnées main où les bords ressemblent au coins et où le fond est en dégradé de gris, alors que ledit puzzle est posé sur la table du salon et que vous avez en résidence permanente à la maison 2 enfants et 2 chats.

La persévérance c'est ce qui permet aux ingénieurs de la Nasa de faire rentrer un truc rond dans un truc carré afin de pouvoir ramener sains et saufs les mecs d'Appolo 13. (eh oui j'adore Ron Howard et j'assume, c'est mon côté Happy Days forever).

La persévérance c'est ce qui permet à Andy Dufresne de s'évader au bout de 30 ans de bons et loyaux sévices dans la prison de Shawshank grâce à un poinçon de rien du tout et des affiches de meufs plus ou moins à poil et ça c'est quand même pas rien (eh oui j'adore aussi Tim Robbins et Stephen King, et ça j'assume encore plus c'est mon côté groupie).

Alors forte de tous ces exemples qui m'aident beaucoup dans ma vie quotidienne de tous les jours et à chaque minute, je peux vous dire que la persévérance c'est aussi de réaliser une recette pour ce blog qui inclut des coings quand on a la vie qu'on a, si peu remplie par notre travail, notre famille, nos projets, et un déficit chronique de sommeil.

Pourquoi me direz-vous ?

Eh bien parce que d'abord un coing, c'est un p***** de dur à cuire.
Tu ne peux pas te lever un matin, te dire tiens il y a un coing dans mon compotier je vais improviser une petite recette en 10 min et pof, au risque d'avoir quelques heures après de gros problèmes inavouables dans un coin de ton anatomie par exemple...

Et puis un coing non seulement il faut le faire cuire longtemps pour qu'il soit délicatement assimilable par tes villosités, mais en plus c'est super dur à couper.

Tu n'as que des couteaux émoussés dans ta cuisine parce que le dernier coutelier prêt à te les aiguiser a rendu l'âme en 1817 ? Tu t'effraies facilement des mandolines japonaises ultra effilées ? Tu n'as pas succombé à la vogue des lames en céramique ou en acier au vanadium de Solingen parce que ton ticket de loto ne te le permettait pas cette semaine ?

Alors le coing va te donner du fil à retordre. Et du travail à ton chirurgien de la main.

Mais bon, armée de ta b... persévérance et du couteau que tu pourras bien trouver, tu t'attaques tout de même à tes coings par tous les bords. Et tu prévois sagement ton temps de cuisson.
Sauf que tu n'avais pas prévu que la lumière a tendance à baisser vite en hiver et que sans lumière ben, pas de photo. C'est ballot.
Pas grave, toujours remettre sur le métier c'est la clé du succès hein Pénélope.

Donc tes coings marineront dans leur jus le temps qu'il fasse jour à nouveau. Et puis encore à nouveau parce que là il y avait rendez-vous avec la maîtresse.
Puis avec la comptable.
Puis avec tes clients.

Pas grave, plus ça marine plus ça a du goût c'est comme pour tout. Attention toutefois à ne pas dépasser le stade du bleu marine, parce que là ça deviendra vraiment infect.

Bref je vous épargne gracieusement toute la persévérance qu'il m'aura fallu pour enfin accoucher de cette belle recette de Tatin de coings à la vanille et à la menthe.

Mais j'en partage joyeusement les fruits avec vous, parce que tout comme c'est un bonheur infini de retrouver forme humaine après un accouchement, la liberté après 30 ans, la Terre ferme après avoir vu la Lune et un puzzle enfin terminé, il est tout aussi jouissif de mordre dans cette tatin juste tiédie avec son doux parfum mentholé adouci par la rondeur de la vanille, le fondant des morceaux de coings et le croustillant de la pâte feuilletée du dessous.

Donc sans plus de persévérance, voici la recette tant attendue

  








Ingrédients

  • 4 ou 5 coings
  • du sucre semoule (désolée j'ai mis très au pif... je dirais environ la moitié du poids des coings)
  • des gousses de vanille
  • quelques brins de menthe fraîche
  • de la pâte feuilletée

Je me suis très largement inspirée de la recette simplissime du Master es Coings qui se trouve ici, un grand merci à lui...

Donc tout simplement vous tranchez vos coings essuyés préalablement au torchon en 4, vous saupoudrez de sucre généreusement avec les gousses de vanille fendues et grattées et vous mettez au four à 190° pendant 2 bonnes heures je dirais en remuant toutes les 20-25min.

A environ 30 minutes avant la fin de la cuisson, vous incorporez la menthe fraîche.

Une fois les coings cuits, si vous avez le temps laissez les refroidir dans leur jus pour qu'ils s'imprègnent bien de toutes les saveurs.

Après ce temps de repos, enlevez délicatement la peau et les pépins en essayant de garder des tranches assez régulières et intactes.

Prenez un moule à tarte ou plusieurs si vous les faites en individuelles, beurrez les généreusement et saupoudrez d'un peu de cassonade.
Disposez les coings en rosace en les serrant bien et en appuyant un peu pour les tasser, puis abaissez votre pâte feuilletée.
Déposez là sur la tarte et chemisez le moule avec en essayant bien de rentrer la pâte le plus au fond possible afin que les bords tiennent au démoulage.

Puis enfournez pour une bonne vingtaine de minutes à 190° si petites tartelettes, environ 35 min pour une grande tarte.

Lorsque la pâte vous paraît bien colorée et croustillante, sortez la tarte du four, laissez la reposer quelques minutes avant de la démouler encore à chaud sinon le caramel formé sur le dessous durcira et ne vous permettra pas de les démouler joliment.

A déguster tiédies au four traditionnel pour un goûter d'hiver comme on les aime tant.






Avec une quenelle de clotted cream sur le dessus ç'aurait été juste fabuleux... Mais bon j'en avais plus. Si vous, vous en avez ne vous privez surtout pas. Mais avec de la crème épaisse ou une glace à la vanille ce sera bien aussi.
Faites confiance à ma persévérance pour en recommander prochainement...

Bon voilà je vais vous laisser et vaquer de nouveau à mes occupations quotidiennes.

Encore un petit exemple avant de partir.

La persévérance c'est aussi ce qui m'a permis de faire vivre mon entreprise qui vient de fêter ses 18 mois d'existence.
Au regard de la crise que nous traversons, 18 mois c'est peu et beaucoup à la fois.
En tout cas c'est juste délicieux comme un coing confit et je suis heureuse de partager aujourd'hui cette nouvelle avec vous.
Parce que le partage c'est ce qui nous reste une fois qu'on est venus à bout de tout les obstacles grâce à notre... dureté de coing !







vendredi 8 juillet 2011

Performance éphémère ou le fraisier qui n'avait pas voulu prendre son temps.

S'il ne devait y avoir que deux règles d'or à retenir en pâtisserie, ce serait probablement les suivantes :
  • prendre son temps pour toute chose
  • et respecter les proportions comme un livre saint.

S'il ne devait y avoir que deux grands principes à suivre dans la vie pour être heureux, ce pourrait être :
  • lâcher la bride à nos envies et à notre imaginaire
  • et toujours essayer d'exaucer les rêves et souhaits de ceux que l'on aime (et surtout des enfants)

Comme on peut s'y attendre, il peut arriver que ces règles d'or et d'airain se télescopent brutalement.

Et comme toujours en cas de choc, il y a des éclats.
Si on a de la chance, des éclats de rire et des éclats de joie.

Comme ceux produits par cette performance éphémère très arty, celle du fraisier qui n'avait pas voulu prendre son temps.


Bon quand on décide d'assumer son échec, on se doit de le boire jusqu'à la lie, donc j'ai décidé de vous mettre les proportions de la recette ratée.
Et les annotations en couleur sont ce qu'il aurait peut être fallu faire, pour moins le rater... Mais qui sait ?

Ingrédients (pour un très gros fraisier et plein de gourmands, disons 8)

Pour le biscuit :
c'est la recette du biscuit roulé d'enfance

Pour la garniture :
  • 1,5 kg de fraises
  • 1 litre de crème liquide entière très froide
  • 3 sachets de fixe chantilly (et non Jean Pierre il en aurait fallu 4, comme l'indiquait gracieusement les instructions sur le paquet, soit 1 sachet pour 250 ml de crème...)
  • 150 g de sucre
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • à préparer 1h45 avant (Caramba, encore raté, t'aurais du essayer la nuit entière, ça aurait mieux marché...)

Matériel indispensable :
  • un cercle, rectangle, carré à mousse et entremets (le mien est un rectangle de 28x20 cm)


Faites le biscuit une petite heure avant d'entamer le montage du gâteau, puis une fois cuit, laissez le refroidir une bonne trentaine de minutes, pour que vous puissiez le couper dans la largeur en deux disques, rectangles, carrés égaux pour faire les étages du fraisier, selon le moule que vous aurez choisi.

Bon alors le biscuit, rien à redire si ce n'est que je n'avais pas ma super plaque à pâtisserie avec moi et donc il a fallu pas mal bricoler pour une fois cuit, le couper en 2 parts à peu près égales qui remplissent correctement mon nouveau super moule rectangulaire, ce qui a pour une petite part, contribué à la suite des évènements...

Préparez donc votre garniture.
Lavez le kilo et demi de fraises sous l'eau courante et équeutez les.
Coupez en 750g en petits dés.
Laissez les autres 750g entières et réservez.

Montez le litre de crème en chantilly très ferme (et pour ça il aurait fallu choisir judicieusement le contenant avant de commencer à mouliner, n'est ce pas...). Ajoutez y les sachets de fixe chantilly en les mélangeant au sucre et au sucre vanillé selon les instructions clairement indiquées par le fabricant qui donc à priori sait ce qu'il fait...
Mélangez la chantilly aux dés de fraise en soulevant gentiment à la maryse pour ne pas trop la faire retomber (hein Jean Pierre).

Disposez dans votre moule un fond de biscuit, et versez la moitié de la chantilly aux fraises.
Posez la deuxième couche de biscuit dessus en appuyant assez volontairement mais tout de même avec douceur (hein Jean Pierre) pour tasser l'ensemble.
Versez le reste de chantilly et aplanissez à la spatule.

Mettez au congélateur pour 30 minutes (dans la vie rêvée des beaux gâteaux qui tiennent je pense qu'il aurait fallu au moins 1h30).
Puis au frigo pour 01h00 (et là au bas mot je pense qu'il me manquait 05h00, voire une nuit ça ne lui aurait pas fait de mal).

Au bout du laps de temps convenu, sortez votre merveille du frigo et disposez les fraises entières sur le dessus, en rangs serrés.
Et entreprenez de démouler l'engeance en passant un couteau sur les bords et en soulevant délicatement le moule.

Admirez.

Immortalisez le comme le fraisier parfait qu'il aurait pu être.




Puis éclatez de rire en voyant que quelques fatidiques et courtes minutes plus tard, il était comme ça :



Bon c'était finalement très à l'image de la vie même. A un moment donné, tu pètes de jeunesse et t'es splendide, et 2 minutes après tu t'affaisses.
Mais qu'est ce que c'est bon...
Et pour citer quelqu'un qui m'est cher, comme le confit, c'était pas gras. 
Alors Joyeux anniversaire P.


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