Mistral Cooking

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vendredi 28 octobre 2011

Velouté de petit salé aux lentilles corail et épices tandoori


Le vent s'est levé.

Pas le mistral cette fois. Non le vent d'Est, qui dans cette partie du pays ne signifie qu'une seule chose : que c'est en bel et bien fini de l'été, que la pluie va arriver... et ici elle n'arrive généralement pas à moitié.

Le pays des extrêmes cette Provence après tout : quand il y fait chaud, c'est presque à en crever, mais quand il y pleut, pas de crachin style "brumisateur géant" ici bas, ça drache en furie comme on dit.

Je me pelotonne à nouveau dans mes polaires, et tout comme l'été qui s'achève, ainsi s'achève sur ce billet la liste des classiques revisités à l'occasion du dossier Cuisine AZ qui va bientôt paraître...

Ah, le petit salé aux lentilles.
Quel monument de la cuisine française après tout.

Le seul hic, c'est que passé l'âge vénérable de 6 ans, il reste dans la majorité des mémoires comme le gloubi boulga à la couleur plus que suspicieuse pour des gnomes plus portés sur le fluo et le rose pétard, servi en guise de réconfort automnal aux cantines scolaires des 4 coins du pays.

Et pourtant il a tout pour lui.
Le fumé délicat de la poitrine qui vient relever le goût profondément terrestre et donc si chaleureusement roboratif des lentilles. Le tout accompagné des légumes qui ne nous ne quitterons plus de l'hiver, la carotte et le céleri branche, alliés inénarrables des fonds de sauce, et pour une bonne raison : ils donnent un petit goût en plus à n'importe quoi.

Alors, pour lui refaire une jeunesse, pour qu'à jamais le petit salé aux lentilles cesse d'être l'ennemi à abattre des menus du réfectoire, et donc des cantines d'adultes une fois l'adolescence passée, il fallait y mettre de la couleur, du piquant, des envies d'ailleurs pour mieux y revenir...

C'est comme ça qu'il s'est transformé en ceci :





Un velouté de petit salé aux lentilles corail et épices tandoori.
Une sorte de chanson de l'Auvergnat qui aurait vu du pays, qu'on sert aux amis, aux enfants, à ceux qui ont besoin d'un bon bol chaud lorsque la bise souffle au dehors.

Ingrédients (pour 6 personnes)

  • 300 g de poitrine fumée + 4 tranches extra fines (environ 45g)
  • 1 grosse carotte
  • 2 échalotes
  • 1 oignon blanc
  • 2 tiges de céleri branche
  • 1 gousse d'ail
  • 1CS de ghee (ou beurre clarifié, ou beurre tout court pour simplifier!)
  • 450 g de lentilles corail
  • 2 cc d'épices tandoori
  • Sel
  • Poivre
  • Quelques clous de girofle
  • QS de crème épaisse ou mascarpone
  • QS d'herbes fines pour servir

Éplucher la carotte et enlever les tiges les plus filandreuses du céleri à l'économe, laver les légumes et les sécher.
Détailler la carotte et le céleri en lamelles moyennes.
Éplucher les échalotes et l'oignon, piquer l'oignon de clous de girofle, émincer les échalotes, éplucher l'ail et le couper en petits cubes.
Découper en petits cubes la poitrine fumée.
Dans une cocotte à fond épais, faire fondre la CS de ghee et faire revenir la poitrine pour bien la dorer, puis ajoutez au bout de quelques minutes, les échalotes, l'ail, l'oignon clouté et les épices. Faire dorer pour que les épices libèrent leurs arômes puis ajouter les dés de légumes.
Bien mélanger les ingrédients pour les enrober de matière grasse, puis ajouter les lentilles corail.
Mélanger de nouveau et couvrir d'eau à hauteur
Laisser cuire à couvert pendant 20 min en mélangeant de temps à autre
Mixer finement avec un blender ou un mixer plongeant

Un peu avant de servir, passez sous le grill du four les fines tranches de poitrine pour en faire des chips que vous disposerez dans les bols avec 1 CS de crème épaisse ou mascarpone.
Saupoudrez d'un peu d'herbes fines hachées (type coriandre ou persil) pour ajouter de la couleur.





Bon bien évidemment, comme dans tous les plans de génie, il y a un os.
Les enfants n'aiment pas la soupe.

Pas grave, y en aura plus pour moi.

mardi 25 octobre 2011

Brioche au lait d'avoine et pépites de chocolat... ou oeuvrer pour le bien commun

Je ne vais pas encore me lancer dans une de mes tirades vantant les mérites de la boulange, autant pour celui qui l'a fait que pour ceux qui la mangent, ce blog est déjà rempli d'opinions redondantes quant au formidable antidépresseur naturel que peut représenter la bonne bouffe...

Non, je vais juste lui laisser la place à cette petite énorme brioche, la place qu'elle mérite dans nos cœurs et sur nos palais, parce que terminer une dure journée de labeur sur ce petit goûter régressif a suffi amplement à mon bonheur...

Bon je sais que je suis assez « low maintenance » pour ce qui est de la réjouissance, mais celle ci elle a été source de double satisfaction.

Non seulement elle m'a permis de m'empiffrer de brioche chaude à peine sortie du four, avec les pépites de chocolat encore fondantes, et pour ça, comme dirait ce regretté Jeff... « Hallelujah ». Mais, mais, en plus elle m'a également permis de liquider gaillardement une bonne partie de la brique de lait d'avoine esseulée sur mon étagère depuis son achat compulsif à la caisse d'un magasin bio il y a de cela quelques semaines.

Et donc verdict, le lait d'avoine dans la boulange, ça donne quoi?
Ben si j'étais encore djeuns, je dirais que « ça le fait mec » (djeuns des années 80 peut être? Axel Foley sors de ce corps!).

Mais étant donné que je suis en pleine maturité ascendante, je vais développer pompeusement en déblatérant sur le fait que finalement ça rend la mie aérienne et assez moelleuse, tout en étant évidemment moins « grasse » que celle produite par du bon lait entier... Par ailleurs, il m'a semblé que la conservation de ladite viennoiserie était justement améliorée par le fait qu'il n'y ait pas de lait de vache (il m'a semblé j'vous dis, parce qu'il est pas resté grand chose non plus hein...)

Bon du blabla tout ça, je vous laisse avec la fameuse brioche, elle est bien plus délicieuse que ce que je ne raconte est intéressant...





Ingrédients (pour une méga brioche bien dodue, bien sur même pas votre cardiologue ne vous empêchera de la faire en briochettes individuelles)

PS : j'ai une nouvelle fois utilisée une des recettes extraite de Pain Maison, de Cathy Ytak, la brioche dite « roulée aux raisins » qui m'avait déjà servie à faire les Kannelbullar.

  • 130 ml de lait d'avoine (dans toutes vos épiceries bios donc, et souvent vers la caisse histoire de transformer l'essai en dernière minute)
  • 350 g de farine (ici T55 je crois bien)
  • 1 œuf battu
  • 15 g de levure fraiche
  • 1 cc de sel
  • 40 g de beurre
  • 30 g de sucre
  • 120 g de pépites de chocolat noir (seul votre cardiologue pourrait vous empêcher d'aller jusqu'à 150 ou 170... en tout cas moi je ne vous empêcherai de rien)
  • QS de sucre perlé (ou en grains)

Mettez les ingrédients dans la cuve de votre MAP comme indiqué par le fabricant...
Sélectionnez le programme pâte seule. A la fin dudit programme, dégazez le pâton gentiment sur votre plan de travail et étalez le en un rectangle approximatif.

(Si vous voulez pétrir à la main, faites dissoudre la levure fraiche dans quelques CS de lait d'avoine tiédi, faites un puits dans la farine dans laquelle vous avez ajouté le sel, puis au centre du puits versez le lait d'avoine, la levure diluée et l'œuf battu, puis patouillez allégrement. Lorsque votre pâton est formé et se tient, incorporez le beurre pommade en petits morceaux et pétrissez au moins une bonne quinzaine de minutes, puis laissez lever une bonne heure et demie. Étalez enfin en rectangle pour la suite de la recette)

Versez les pépites de chocolat sur le rectangle et repliez la pâte sur elle même plusieurs fois pour bien les incorporer harmonieusement.

Installez votre brioche sur une plaque à four huilée (ou couverte de sulfu) et laissez la lever encore une demie-heure au tiède à l'abri des courants d'airs (s'il ne fait pas trop froid, sinon c'est plus!!)

Préchauffez votre four à 180°, avant d'enfourner saupoudrez la de sucre en grains et cuisez environ 15 à 18 min (j'aime les brioches un peu pales mais mon four est plus que caractériel, donc composez avec le vôtre...)





Bon voilà, maintenant que j'ai tenté avec le lait d'avoine, il va falloir que j'essaie avec tous les autres laits végétaux qui existent.
Pour le bien de la Recherche, évidemment.
Ah qu'il est dur de donner de sa personne en vue du bien commun... mais bon c'est comme en politique, il faut bien qu'il y en ait qui se dévouent.
Ça s'appelle avoir le sens du service.

lundi 24 octobre 2011

Gratin dauphinois de patates douces au lait de coco


Nous nous enfonçons lentement dans l'automne et ses pelles de feuilles mortes, et avec ce sentiment vient le besoin de plus en plus pressant de se réchauffer, en se lovant dans une couette, en se collant au radiateur, ou en cuisinant des plats traditionnels, de ceux qui brulent le palais en nous apportant le réconfort dont nous avons besoin.


Le gratin dauphinois est de ceux là.


Dès les premiers frimas, imaginer ces couches de pomme de terre fondantes et crémeuses comme un rempart au blues de l'automne est un remède des plus classiques.


Mais parfois, il est bon de secouer un peu ses classiques...
Aussi lorsque Cuisine AZ a lancé le défi à quelques blogueurs de revisiter les grands classiques de la cuisine, le gratin dauphinois a été un de mes premiers choix.
Celui ci a pris un côté zazou en se parant de patates douces, de lait de coco et de coriandre.
Mais le réconfort du plat mijoté lui demeure inchangé.
Et la gousse d'ail avec laquelle on frotte le plat est elle aussi restée, parce que, soyons sérieux... Un dauphinois sans gousse d'ail ça n'est pas un dauphinois...!




Ingrédients (pour 6 personnes)
  • 1,2 kg de patates douces bien fermes
  • 300 g de pommes de terre à chair ferme (type Rosenval)
  • 200 ml de crème de coco
  • 1 gousse d'ail
  • 1 L de lait entier
  • 2 CS de Coriandre hachée (surgelée)
  • 1 cc de muscade moulue
  • Sel
  • Poivre

Éplucher les patates douces et les pommes de terre à l'économe, les rincer à l'eau courante et bien les essuyer.
Éplucher la gousse d'ail et la couper en 2
Détailler en lamelles moyennes les patates douces et les pommes de terre.
Mettre le lait et la crème de coco dans une casserole (ou dans un saladier pour le faire au micro ondes) mélanger au fouet, verser la coriandre, la muscade, le sel et le poivre et laisser réchauffer doucement pour que les herbes et les épices infusent.
Préchauffer le four à 200°
Frotter le plat à gratin de la gousse d'ail épluchée.
Disposer une première couche de patates douces sur le fond du plat à gratin, salez légèrement, disposez ensuite une couche de pommes de terre, salez également et ainsi de suite jusqu'à épuisement des ingrédients.
Verser le lait chaud en pluie sur le gratin, afin que tous les ingrédients soient correctement immergés (ne pas hésiter à tasser un peu sur les lamelles pour qu'elles baignent bien !)
Enfourner pour une heure et demie de cuisson.

Servez avec une belle pièce de viande type filet, juste saisie à la poêle.
Ce gratin supporte bien le réchauffage.
Et ça tombe bien parce que du réchauffage, c'est précisément ce qu'on lui demande....



Je m'en vais frissonner plus loin en pensant à tous les autres plats réconfortants de cet automne à venir.
Y a du boulot.



mardi 18 octobre 2011

Cake café, cardamome, amandes... ou le déni du principe de réalité


Il n'y a probablement rien de plus désespérant que de terminer un repas sur la lavasse généralement servie sous le nom d'emprunt de « café » circulant en vente libre dans une bonne majorité des restaurants et la totalité des distributeurs automatiques de boissons de France, de Navarre et d'ailleurs.
Au lieu de la promesse alléchante d'un goût puissant et corsé, d'un parfum envoutant qui vous fera passer un moment « try to remember » en entamant une valse avec Georges C., cet ersatz dissout jusqu'à plus soif toutes les saveurs des plats précédemment ingérés dans une avalanche d'insipidité affligeante et sous l'odeur âcre d'un truc vaguement brûlé (du pneu?).
Et pourtant j'y retourne, encore et toujours. Au lieu d'apprendre sagement ma leçon et de renoncer, je tente à chaque fois, avec à l'esprit ce stupide espoir de tomber sur un café, un vrai.
Un café comme un café turc, par exemple.
Brûlant, fort, sucré... et délicieusement parfumé à la cardamome.


Le café et la cardamome, c'est presque le yin et le yang tellement ils sont à la fois opposés et complémentaires : l'âcreté du café répond à la volatilité du parfum de l'épice, et leurs saveurs se mêlent en un mariage qui n'a rien de platonique.

Au nom de tous ces rendez-vous manqués avec le café de mes rêves à la fin des repas (ou du moins un qui soit digne de ce nom), il fallait bien un remède. Une petite vengeance. Comme je ne peux pas emporter ma cafetière (turque ou cloonesque selon mes envies) partout où je vais, le cake qui est né de cette frustration là, je vais me le trimballer... pour le goûter.
Un cake café, cardamome et amandes (Méditerrannée addict, sors de ce corps), donc.
Ou un bel exemple de déni puéril du principe de réalité... 





 


Ingrédients (pour 6 personnes)

  • 110 g de farine T45
  • 50 g de farine complète (T110 ici)
  • 100 g de poudre d'amandes
  • 2 gros œufs (environ 100 g donc)
  • 115 g de sucre fin
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 1 sachet de levure chimique
  • 1 petit expresso bien serré
  • 2 cc de café lyophilisé
  • 200 ml de buttermilk (lait fermenté, ribot, lben, etc...)
  • 60 g de beurre fondu
  • 9 gousses de cardamome verte
  • Quelques amandes entières mondées

Battez les œufs et les sucres dans un saladier jusqu'à ce que le mélange blanchisse.
Ajoutez le buttermilk, le café et les cc de café lyophilisé et mélangez énergiquement en pensant à tous les mauvais cafés du Monde.

Faites fondre le beurre et réservez. Préchauffez votre four à 170°.

Dans un autre saladier mélangez les deux types de farine, la poudre d'amandes et la levure chimique.

Écrasez les gousses de cardamome avec ce qui vous passe sous la main (sauf la tête de votre conjoint je ne veux pas être taxée d'incitation à la violence, buvez un café plutôt) pour en extraire les graines et ajoutez les au mélange précédent.

Puis incorporez progressivement en mélangeant bien la farine dans le saladier œufs+sucre jusqu'à ce que l'appareil soit homogène. Finissez par y incorporer le beurre fondu et retouillez un coup.

Versez le dans un moule à cake beurré, posez par dessus les amandes mondées en décor et enfournez pour 50 min de cuisson (surveillez le, quitte à mettre un peu d'alu sur la fin pour qu'il ne colore pas trop).





Servez pour le gouter, pour le petit déjeuner, pour après la raclette, bref pour tous les moments où votre corps hurle « café »...
Certes légèrement plus calorique que le p'tit serré au bar du coin.
Mais il paraît qu'on ne jongle pas impunément avec le principe de réalité.
A ce compte là, la punition semble faire partie du principe de... plaisir.
Le yin et le yang j'vous dis.

jeudi 13 octobre 2011

Iles flottantes matcha, chocolat, pistaches


Quand on a comme moi un papa féru de gadgets high tech, la familiarisation avec les objets révolutionnant le quotidien est quasi innée : l'ustensile qui permet de râper le beurre en dentelle comme le fameux fromage « tête de moine », le cuiseur à œufs en silicone qui voit un œuf dans sa longue vie et ensuite beaucoup la poussière du placard, parce qu'on ne pense jamais à le sortir quand il faut...

Donc autant vous dire qu'un objet aussi banal qu'un micro ondes pour moi, c'est « old news » comme disent nos chers amis anglos-saxons, puisque nous avons fait connaissance vers le milieu des années 80.

Mais bien évidemment, comme tout objet révolutionnaire qui se respecte, son utilisation prolongée, encroûtés que nous sommes dans notre quotidien, finit par laisser peu de place à la créativité.

Donc, depuis quelques années maintenant, le micro ondes ici, c'est fait pour réchauffer le lait du matin (et béni soit il pour cela), les restes du repas de la veille et éventuellement en dernier recours pour décongeler un peu de pain (mais le pain congelé c'est loin d'être l'extase, et ça me privait de ma dose de vie sociale en tapant la discute avec le boulanger du coin, donc bof).
Sauf que, les voies de la découverte culinaire étant impénétrables, le hasard a voulu que je sois OBLIGEE d'utiliser mon vieil ami pour créer une recette entièrement réalisable au micro-ondes...

Et là, miracle.

La fameuse crème anglaise, si longue à faire à la casserole, si diva sur les bords puisque dès qu'on la quitte des yeux elle nous fait marron... Eh bien, plus d'excuse, en 3 min, l'affaire est faite, passons à autre chose (et d'ailleurs un grand merci à Tambouille pour cette recette qui s'est glissée sans mal dans le top Ten du rapport déliciosité-faisabilité-rapidité)

Une île flottante complète, en moins de temps qu'il n'en faut pour acheter le dernier it-bag de la saison sur Internet, voilà bien une vraie révolution de l'objet du quotidien.





Et en plus elle est jolie...

Ingrédients (pour 6 personnes)

  • 3 œufs
  • 65g de sucre fin
  • 250 ml de lait entier
  • 250 ml de lait demi écrémé
  • 1 CS de maïzena (environ 16 g)
  • 30 g de sucre glace
  • 1 poignée de pistaches décortiquées non salées
  • 30 g de chocolat noir extra à 70% de cacao

Faire chauffer les 2 laits mélangés dans un saladier adapté au micro ondes, environ 3 min à 850 Watts. Dans un autre saladier, fouetter vivement les 3 jaunes d'œufs avec le sucre, la CS de Maïzena et la cc de thé matcha jusqu'à ce que le mélange soit homogène.

Verser le lait en pluie sur le mélange en continuant à fouetter, puis remettre à cuire à 850 Watts pendant 1 min30.

Bien remuer, puis remettre encore 45 secondes de cuisson de plus (à adapter selon la texture de la crème et les micro ondes).

Laisser refroidir un peu la crème puis la filmer en posant bien le film directement au contact de l'aliment afin qu'elle ne forme pas une croûte désagréable en bouche.

Monter les 3 blancs en neige ferme au batteur électrique, puis les serrer en ajoutant le sucre en fin de battage.
Transvaser les blancs en neige dans un saladier, puis faire cuire à 750 Watts 3 fois 20 secondes. Réserver.

Enfin faire fondre le chocolat dans un ramequin au micro ondes 3 fois 20 secondes à 300 Watts, en mélangeant à chaque fois pour qu'il reste bien brillant.
Concasser grossièrement les pistaches au pilon (ou en les écrasant au rouleau à pâtisserie dans un sachet).
Puis disposer dans des coupes individuelles 1 louche et demie de crème anglaise au matcha, une quenelle ou 2 de blancs en neige. Verser le chocolat fondu à l'aide d'une petite cuillère, et saupoudrer de pistaches concassées.

 
Après c'est à l'appréciation de chacun, soit vous dégustez tout de suite avec avidité et peu de retenue, soit vous arrivez à faire preuve de maitrise de vous même en les laissant quelques heures au frigo, en attendant le prochain repas.
Auquel cas vous verserez au dernier moment le chocolat chaud et onctueux sur la crème délicatement rafraichissante...






Moi j'dis ça j'dis rien.
Bon je m'en vais essayer de retrouver le beurrier dentellière. Peu être qu'avec beaucoup de créativité, j'arriverai à faire du foie gras avec.

mardi 11 octobre 2011

Le steak à cheval joue à la dînette... ou la guerre des genres n'aura pas lieu

Une des choses à laquelle on n'est pas forcément préparé, lorsqu'on a des enfants – des filles du moins, parlons de ce que je connais... – et qu'elles commencent à grandir, c'est avoir à se réadapter à tout le package qui nous fit un jour battre le cœur à vitesse grand V, et sur lequel nous posons aujourd'hui notre regard désabusé d'adulte féminine (iste?) engagé dans la parité envers et contre tout, l'abolissement de tous les clichés d'éducation et « moi-de toute-façon-les-barbies-je-suis-contre ».

Oui vous allez être engloutie sous une avalanche de princesses minaudantes, oui vous allez passer de précieuses minutes à jouer à la dînette avec le set complet de 48 pièces et malheur si vous perdez le couvercle de la théière qui fait bien au moins 2 mm de diamètre, oui elle va un jour vous demander de façon exaltée si elle aussi peut avoir un aspirateur.

Alors certes vous aurez beau poser un regard patibulaire mais presque sur les tutus pailletés 2000% plastique, les robes qui tournent et les princesses en silicone taillées 110-30-20 en mensurations, vous aurez beau laisser échapper un reniflement de mépris devant les carcans sociaux qui vous rattrapent en assistant à l'enthousiasme de votre enfant vous racontant ce fameux aspirateur qui fait MÊME du bruit, tu te rends compte... eh bien au fond de vous, tout au tréfonds vous savez, là où se niche la plus sordide et humaine des mauvaises foi... vous sourirez avec bonheur en vous rappelant de comment c'était bien.

Comment c'était bien d'avoir une jupe qui tournait au temps où la Lambada faisait un carton.
Comment c'était bien de faire de la soupe au pissenlit et à la terre dans la porcelaine de Mémée.
Comment c'était bien de faucher le plumeau à poussière pour dire qu'en fait cette maison là c'est la mienne et que je suis grande.
Comment c'était bien de se rêver en Cendrillon, et même que sa robe bleue elle est vraiment trop trop belle.

Alors, en hommage à cet appendice de mauvaise foi et de souvenirs joyeux bien que politiquement incorrects et socialement inadaptés, la part d'enfant qui survit malgré tout en vous prendra le contrôle... et décidera de s'attaquer à un des symboles de la cuisine patriarcale de bistrot que d'abord ça a pas été créé pour les femmes en premier lieu.

J'ai nommé : le steak à cheval.

Un grand classique de votre bar-resto du coin. Le Dukan avant l'heure, l'assiette n'est composée que de protéines. Si on omet le quintal de beurre en parcelles pour faire revenir tout ça.
Et la garniture voyons, ce sera des frites n'est ce pas, de toute façon les légumes c'est pour les gonzesses... qui jouent à la dînette.

Eh bien voilà, une gonzesse qui joue à la dinette avec un steak à cheval (Google va se régaler sur celle là tiens...) ça donne ça :
on lui refait la façade nutritionnelle en prenant du veau plus maigre et en complétant avec du boulghour bien bo-bio, on le charge en épices et herbes fines parce que c'est mon jeu d'abord et je fais ce que je veux, et enfin on l'entoure de minis légumes kawaï et d'une compotée d'oignons rouges au vinaigre parce que si on n'a pas le droit de se la péter de temps en temps en notre propre demeure, quand peut on le faire?!?

En gros, pour vous donner une idée, ça ressemble à ça : 



 

Mais surtout, surtout.
Je me suis bien amusée.

Ingrédients (pour 5 personnes)

  • 500 g de veau haché
  • 60 g de boulghour moyen
  • 5 œufs de caille
  • 10 minis courgettes
  • 1 grosse carotte
  • 1 très gros oignon rouge frais (ou 2 moyens)
  • 30 g de beurre
  • 2 CS de vinaigre de framboise
  • 3 cc de sucre
  • 1,5 cc d'épices à keufta
  • 1,5 CS de coriandre hachée
  • Sel
  • Poivre


Éplucher la carotte et l'oignon, laver tous les légumes. Détailler la carotte en 4 ou 5 tronçons d'environ 3 à 4 cm.
Dans une casserole faire fondre 15 g de beurre, et y faire revenir l'oignon pendant 3 à 4 min sans coloration. Puis ajouter les CS de vinaigre, 2 cc de sucre et saler et poivrer, puis faire mijoter doucement à couvert pendant 20 min en remuant régulièrement pour que ça n'attache pas.

Pendant ce temps, déposer dans une poêle à plat les minis courgettes et les tronçons de carotte (ils ne doivent pas se chevaucher.) Les saupoudrer d'1 cc de sucre en poudre, les saler, mouiller à mi hauteur des légumes et déposer 15 g de beurre en petites parcelles par dessus. Faire étuver à feu très doux pendant 20 min avec un couvercle jusqu'à évaporation complète de l'eau, en tournant les légumes à mi cuisson afin qu'ils soient glacés sur les deux faces. Réserver au chaud.

Faire cuire le boulghour dans un grand volume d'eau salée pendant 10 min, et le rafraichir sous l'eau froide puis l'égoutter.

Une fois que toutes les cuissons sont terminées, verser le veau haché dans un saladier, ajouter le boulghour, les épices, la coriandre, saler et poivrer puis bien mélanger pour incorporer tous les ingrédients.

Reformer à la main des steaks moyens en tassant bien les ingrédients, puis découper à l'emporte pièce des formes ludiques à destination des enfants réels ou imaginaires (pour les adultes qui s'assument en tant que tels, les steaks peuvent être formés à la main et cuits dans la foulée).

Faire cuire les steaks dans une poêle anti-adhérente bien chaude environ 4 min par face. Réserver au chaud.

Dans la même poêle, faites cuire sur le plat les œufs de caille en les cassant dans un ramequin au préalable, pour ne pas casser le jaune (1 min seulement!!)

Pour dresser à l'assiette, disposer 1 steak retaillé, entourer de petits légumes glacés, de quelques tomates cerises et salade carmine pour la couleur, et d'un peu d'oignon confit au vinaigre.

Surmonter le steak de l'œuf de caille sur le plat, saler, poivrer et faire déguster sans attendre par de petites quenottes étincelantes (bon avec des gros crocs bridgés ça marche aussi !).




Et dire qu'il suffit de laisser les filles faire mumuse avec leur dînette pour acheter la paix sociale...

Bon ça y est, le petit monstre en vous a été apaisé par l'offrande, vous pouvez retrouver un comportement normal.
Je m'en vais de ce pas trouver un Toy's R' Us pour trouver un exutoire à mon indignation vertueuse.

mardi 4 octobre 2011

Chili con carne en vert et blanc... pour en finir avec le rouge et le noir !

Il est de certaines associations qui nous collent à la peau sans même qu'on s'en rende compte : costard-cravate, vanille-fraise, roméo-et-juliette...

Associées parce qu'elles étaient faites pour se rencontrer, elles finissent par tellement nous enferrer dans leurs clichés qu'elles causent notre perte.

Quel businessman n'a jamais rêvé d'aller au boulot en short et tongs (casual friday mon amour)? Quelle petite fille devenue grande n'a pas amèrement regretté tous les parfums manqués de la vie quand elle s'est aperçue à quel point elle commandait automatiquement du bout des lèvres une vanille-fraise, comme une vieille rengaine plus qu'usée?
Combien d'années passées à chercher dans la vraie vie une romance digne des Montaigu et des Capulet (dirty ending excepté) pour finir par se rendre compte, accoudée à un bar de speed dating à 19h30 un lundi, que Shakespeare se fout de la gueule du Monde depuis plusieurs siècles en toute impunité?

Certaines de ces associations sont tellement perverses qu'elles finissent par en devenir des malédictions.

Le rouge et le noir en est une.

Regardez ce qu'il est advenu de Julien? Ou encore de Jeanne?

A trop jouer avec le feu, on finit donc par se brûler, et à l'heure de réaliser un chili con carne, une peur superstitieuse m'a brutalement saisie.

Alors pour lever l'anathème, il était temps de lui donner d'autres couleurs.

Voilà donc sans plus de conneries attendre, un chili con carne en vert et blanc... pour rompre le charme !




Ingrédients (pour 6 personnes à l'aise blaise...)

  • 600 g de veau haché
  • 750 g de haricots blancs en conserve
  • 1 gros oignon blanc
  • 1 oignon vert frais avec sa tige
  • 1 CS d'huile d'olive
  • 2 gousses d'ail
  • ½ piment vert doux
  • 2 cc de chili en poudre (composé de : piment fort, paprika, ail, cumin, origan, girofle)
  • 1 cc de cumin moulu
  • 600 g de tomate ananas (la très grosse tomate toute jaune bien charnue, une m'a suffi pour atteindre les 600 g c'est vous dire)
  • 1 verre d'eau (environ 200ml, mais c'est plus au jugé qu'autre chose)
  • 1 cube de bouillon de légumes
  • Sel, poivre
  • QS de persil haché (ou toute autre herbe fraiche à votre convenance, perso je suis souvent coriandre addict... Mais pas là. Tu sais le truc habituel, « bien souvent femme varie... »)

Faites revenir les oignons hachés sans coloration dans l'huile d'olive dans une grande cocotte à fond épais. Ajoutez l'ail haché et laissez le exhaler son parfum... Puis ajoutez y le veau haché et faites dorer à feu assez vif, pendant quelques minutes.
Rajoutez les épices (chili et cumin), le piment coupé en petits morceaux, mélangez puis incorporez les haricots blancs égouttés.
Mélangez rapidement à nouveau puis couvrez du jus et de la pulpe de la tomate mixée au blender, et rajoutez le verre d'eau et le cube de bouillon émietté pour compléter afin de bien pouvoir mouiller à hauteur des ingrédients.
Laissez mijoter à couvert pendant une trentaine de minutes à feu moyen, en remuant de temps en temps pour que ça n'attache pas.

En fin de cuisson, salez et poivrez à votre goût.

Au moment de servir, versez le persil haché dans les portions individuelles et mélangez, puis dégustez fumant et en savourant chaque salve délicate du piment...




Parce que oui, un chili en vert et blanc, c'est donc pas rouge comme son nom l'indique, mais ça pique quand même.
Mais bon grâce à lui, j'ai tout de même exilé ma peur.
Et c'est déjà beaucoup.

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